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Les Romans de la Table Ronde (3 / 5)

Note 66 — LANCELOT DU LAC. (continued 4)

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Le nain alors: «Ce chevalier se nomme Hector, et sa prouesse est déjà bien éprouvée. Laissez votre miroir, pucelle, et allez le quérir.» La pucelle obéit, lève un pan de la tente, descend dans une grotte et reparaît bientôt tenant par la main un chevalier en cotte d'armes, jeune, blond et de bonne grâce; bien qu'il eût le visage camoussé par les mailles du haubert qui avaient plié sous le bâton du nain. «Voilà celui que tu as vu combattre à la fontaine, dit le nain; et la demoiselle ici couchée est ma nièce, fille unique d'un riche homme, vassal de ma dame de Roestoc. Durant la guerre que soutient ma dame, ce mien frère reçut une blessure mortelle. Avant de rendre l'âme, il me fit approcher et me donna la garde de sa fille unique et la disposition de son héritage[66]. Or ma nièce s'est éprise de ce chevalier qui, de son côté, n'aime rien autant qu'elle. Comme je ne voulais pas sitôt remettre à ma nièce l'héritage paternel, dès que je m'aperçus de leur amour, je déclarai que s'ils voulaient un jour être l'un à l'autre, ils devaient attendre qu'il me plût de les unir; et qu'autrement, ma nièce n'entrerait jamais en possession des domaines dont j'avais la garde. Le baron qui poursuit ma dame de Roestoc est un chevalier voisin, nommé Segurade, auquel, jusqu'à présent, personne n'a pu faire rendre les armes. Il a demandé la main de ma dame, qui, ne le trouvant ni assez jeune, ni assez haut homme, l'a toujours refusé. Pour contraindre sa volonté, il a commencé contre elle une guerre cruelle, avec l'aide non pas tant de sa parenté que des jeunes chevaliers attirés par son renom de prouesse et de largesse. Il a donc brûlé, ravagé ses terres, et les gens du pays, désolés de ces courses continuelles, sont allés trouver Madame et l'ont menacée de l'abandonner, si elle refusait de s'accommoder. Madame de Roestoc, d'après le conseil de son parent le plus âgé, a donc enfin promis d'épouser dans un an Segurade, s'il continuait à outrer tous les chevaliers qui se présenteraient pour disputer sa main. Segurade, plein de confiance dans sa prouesse, a consenti ce délai d'une année; cependant, il a soin de faire garder tous les passages qui conduisent à la terre de Roestoc, pour arrêter les chevaliers qui viendraient tenter de lui disputer Madame.

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