Note 64 — LANCELOT DU LAC. (continued 4)
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Il reconnut les éclos[64] du chevalier et du nain: mais la nuit vint, il cessa de les voir, descendit et s'endormit au pied d'un chêne. Le lendemain, au sortir du bois, il trouve dans une prairie belle et riante un riche pavillon tendu. Il approche de l'entrée, et sans descendre avance la tête: une belle demoiselle était à demi couchée sur un lit somptueux; sa pucelle passait un peigne d'ivoire incrusté d'or dans ses longs cheveux blonds qui flottaient sur ses épaules[65]; une autre pucelle lui présentait d'une main un miroir, de l'autre un chapelet de fleurs. Gauvain lui souhaita le bonjour. «Dieu, répond-elle, vous le donne également, si vous n'êtes de ces mauvais garçons qui ont laissé battre le bon chevalier!—Demoiselle, que je sois ou non de ceux-là, veuillez me dire quel est ce bon chevalier, et pourquoi il se laissait frapper par un vilain nain.—Taisez-vous! vous êtes, je le vois, de ceux que j'ai dit. Dieu vous envoie honte!» Et comme elle achevait ces mots, messire Gauvain sentit son cheval bondir sous lui, et tomber sans vie. Il regarde et voit le nain qui avait enfoncé dans les flancs de l'animal une longue épée. Outré de colère, messire Gauvain se débarrasse, saisit le nain, le frappe du poing, le soulève et l'attache avec son licou à l'une des colonnes du pavillon: «Ah! criait le monstre, ma mère me l'avait bien dit.—Qu'avait-elle dit, ta mère?—Que je serais tué par une méchante merde, la plus puante du monde.—C'est fort bien; tu es mort en effet, si tu ne dis quel est ce chevalier qui pleurait et riait, et qui s'est laissé battre par toi.—Je le dirai, si tu promets de combattre contre un meilleur que lui, et qui aura pour lui le droit.» Gauvain réfléchit un instant, il sentait le danger de soutenir une mauvaise cause; mais il désirait tant de faire parler le nain qu'il promit ce qu'on lui demandait.