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Les Romans de la Table Ronde (3 / 5)

Note 92 — LANCELOT DU LAC. (continued 4)

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Hector le remercie et revient sur ses pas. Le nain, dès qu'il le voit s'éloigner, appelle un valet et lui glisse à l'oreille quelques paroles. Le valet prend un chemin de traverse qui lui fait devancer Hector, et arriver avant lui sur la grande voie. Quand il est assis près de lui: «Puis-je vous demander, sire, où vous pensez aller?—En Norgalles.—Vous n'êtes pas dans la meilleure voie. Je vais moi-même dans ce pays, et, si vous le trouvez bon, je vous remettrai sur le chemin.» Hector le remercie et se laisse conduire. Ils suivent un sentier peu frayé: «Ne soyez pas inquiet, nous prenons de ce côté pour gagner du temps.» Une source, la Fontaine à l'Ermite, était sur leur passage: «N'auriez-vous pas envie de manger?» demande le valet. «Pour moi, je me sens un grand appétit: j'ai un pain que nous pouvons partager; mais je n'aurais pas faim que je puiserais encore de l'eau à cette fontaine, la plus merveilleuse de toute la Bretagne. Il n'est pas de plaie grave et merveilleuse qu'elle ne ferme et ne cicatrise. Descendez, s'il vous plaît, nous y ferons deux ou trois soupes[92].» Hector se laisse persuader, descend, ôte son heaume, suspend son écu à une branche voisine, et l'écuyer, après s'être chargé d'attacher le destrier, taille plusieurs soupes qu'il présente à Hector. Quand il le voit penché sur la fontaine, il passe l'écu à son cou, saisit le heaume, monte sur le destrier et s'éloigne à toutes brides. Hector se tourne, voit qu'il est trahi, enfourche le roncin et suit le valet d'aussi près qu'il peut, jusqu'à la porte d'un château qu'on appelait les Mares. Alors l'écuyer s'esquive en entrant dans une maison où Hector a beau chercher, il ne le retrouve plus. Il prend le parti de monter le degré qui conduisait à la tour: un homme de grand âge était à l'entrée, il le salue: «Sire, dit-il, faites-moi rendre mon cheval, mon heaume et mon écu qu'un valet de céans vient de m'enlever.—Qui êtes-vous, sire?—Je suis de la maison de la reine de Logres.» En même temps arrivait un chevalier suivi de quinze sergents, parmi lesquels Hector reconnaît le larron de ses armes. «Voici, dit-il, celui qui s'est emparé de mon cheval.—Ne le croyez pas, répond l'écuyer, c'est un meurtrier, celui même qui a tué sans le défier votre fils Maugalis.» Hector rougit de colère et, mettant la main à l'épée, fend le valet de la tête aux épaules. Puis, prenant le mur pour point d'appui, il se couvre d'un écu pendu au-dessus de lui, et reçoit ainsi tous les hommes armés qui se ruaient sur lui. Le seigneur du château arrête ses gens, il s'approche d'Hector et l'invite à se rendre. «Mais quelle sera ma rançon? dit Hector: je tiens à le savoir, et je ne me rendrai que si je puis défier quiconque soutiendra que j'aie tué votre fils en trahison.»

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