Note 83 — LANCELOT DU LAC. (continued 4)
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Suivons maintenant le bon Hector dans la quête qu'il a entreprise. Il savait, par le chevalier qui lui avait remis l'épée de la demoiselle de Norgalles, que messire Gauvain avait traversé le carrefour des Sept-Voies, sur les marches du royaume de Norgalles. Il passa donc la Saverne et s'engagea dans la forêt de Brequehan. La matinée était belle et, comme les vrais amoureux, il se perdit si bien en rêveries[83] qu'il passa sans rien voir tout près d'une demoiselle arrêtée sous un chêne, et tenant sur ses genoux un chevalier percé de plusieurs coups d'épée. À quelques pas de là, un écuyer gardait le palefroi de la demoiselle. Hector, qui songeait à l'amie qu'il venait de quitter, ne vit pas son cheval froisser le pied du chevalier navré.—«Sire,» lui cria la demoiselle, «vous n'êtes pas des plus courtois; peu s'en est fallu que vous n'écrasiez ce chevalier, autant ou même peut-être plus gentilhomme que vous.» Hector n'entend pas et ne répond rien; l'écuyer court à lui et saisissant la bride du cheval: «Puissiez-vous, dit-il, vous rompre le cou!—Et pourquoi, beau frère?—Parce que vous dormez apparemment, au lieu de veiller à votre cheval: ne voyez-vous pas ce malheureux chevalier dont ma demoiselle soutient la tête?—Hector regarde, et, tout confus, revient crier merci à la demoiselle. «Je pensais, lui dit-il, à la chose que j'aime le plus au monde, et j'étais au regret de l'avoir quittée; pardonnez-moi, et consentez à me recevoir pour votre chevalier, si vous pensez avoir besoin d'aide.—Vous ignorez, reprend la demoiselle, à quoi vous vous engagez; de quel côté allez-vous, sire?—Je voudrais gagner le carrefour des Sept-Voies et je ne sais pas bien les chemins.—Si je pouvais me confier en votre garde, je vous conduirais, et je laisserais à mon écuyer le soin de ce pauvre chevalier.—Demoiselle, il n'est personne dont vous puissiez rien craindre, tant que vous serez sous ma garde.—Je vous conduirai donc.»