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Les Romans de la Table Ronde (3 / 5)

Note 78 — LANCELOT DU LAC. (continued 4)

Reading edition

—«Oui, car je crois bien le savoir. Un jour j'avais combattu et mortellement navré un chevalier qui avait en garde une demoiselle. Outrée de douleur, la demoiselle me dit qu'avant la fin de l'année elle saurait bien venger son ami. Une autre fois, j'étais entré dans la forêt de Broceliande[78], cherchant aventure. J'y rencontrai une dame d'une grande beauté, et je l'arrêtai par le frein. Un chevalier qui l'avait en garde voulut la défendre, je l'abattis de cheval et le laissai assez mal en point. Puis je fis descendre la dame et la conduisis dans un épais fourré, avec l'intention d'en prendre mon plaisir. Elle essaya de résister, mais elle ne put m'empêcher de l'étendre sur l'herbe et de la découvrir. Je vis alors sa chair parsemée de clous et de rognes et je n'allai pas plus avant. Oh, par Dieu! dis-je en me redressant, vous n'aviez pas besoin de tant vous défendre: j'aimerais mieux avoir affaire à la plus vilaine lépreuse. Honni le chevalier qui vous prendra de force!—Soit, répondit-elle; mais un an ne passera pas sans que ta jambe ne devienne plus puante et plus rogneuse que la mienne. Voilà, sire frère, les deux femmes qui m'ont ainsi maltraité.—Et qui, reprit messire Gauvain, l'ont fait justement. La honteuse tache dans un chevalier que l'orgueil et la violence!»

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