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Les Romans de la Table Ronde (3 / 5)

Note 68 — LANCELOT DU LAC. (continued 4)

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Messire Gauvain, le troisième jour, se rendit de grand matin au moutier, avant le service de Notre-Seigneur. La dame de Roestoc arriva avec le sénéchal un peu plus tard. Elle vit son chevalier pieusement agenouillé devant le crucifix, et sa contenance lui parut digne et belle. «Madame, lui dit le sénéchal, nous ne savons quel est votre défenseur; mais je le tiens à prud'homme; vous feriez que sage de lui offrir de vos drueries[68], souvent une telle avance fait merveille sur les grands cœurs.» La dame charge une pucelle de lui apporter son écrin. Elle en tire une courroie à rainures d'or[69], un fermail ciselé en or d'Arabie incrusté d'émeraudes et de saphirs: puis, attendant Gauvain à la porte du moutier: «Dieu, lui dit-elle, vous donne le bonjour[70]!—Et à vous, dame, tous les jours de votre vie! Quant à celui-ci, nous y avons égal intérêt.—Ah! sire, je ne pourrai jamais faire autant pour vous que vous allez faire pour moi. Veuillez au moins prendre de mes drueries et les porter pour l'amour de celle qui veut être dès ce moment à toujours votre amie.» Gauvain prend la courroie et l'attache; il passe le fermail à son cou: «Dame, faites meilleure chair: vous n'épouserez pas Segurade.—Ah!» dit en ricanant le nain qui les écoutait, «ce mauvais chevalier est assurément fou ou pris de vin.»

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