Note 55 — LANCELOT DU LAC. (continued 3)
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Le Sorelois était la plus plaisante de toutes les terres contiguës à la mer de Bretagne; il abondait en rivières, en bois, en terres fertiles. Il confinait aux domaines du roi Artus, et Galehaut se plaisait à y séjourner, parce qu'il y prenait le déduit des chiens et des oiseaux. La mer le bornait d'un coté, de l'autre, une rivière nommée Asurne[55], large, rapide et profonde, qui aboutissait à la mer. On y trouvait des châteaux, des cités, des forêts, des montagnes. Pour y pénétrer, il fallait passer par deux chaussées qui n'avaient que trois coudées de large et plus de sept mille et cinquante coudées de long[56]. À l'entrée et à la sortie se dressait une forte tour défendue par un chevalier de prouesse éprouvée, et par dix sergents armés de haches, de lances et d'épées. Quiconque demandait à passer était tenu de combattre le chevalier et les dix sergents. S'il forçait le passage, on inscrivait son nom à l'entrée de la tour, et dès-lors il devait faire le service de celui qu'il avait vaincu, jusqu'à ce qu'il plût à Galehaut d'envoyer un de ses chevaliers pour le remplacer. S'il était vaincu, le chevalier le retenait prisonnier. Ces chaussées avaient été établies au temps de Glohos, le père de Glohier, par crainte des ennemis du dehors. Auparavant, on arrivait en Sorelois en bateaux et navires; mais à partir du temps où Merlin prophétisait jusqu'au terme des temps aventureux, c'est-à-dire durant mille et six cent quatre-vingt-dix semaines[57], on ne pouvait entrer en Sorelois que par les chaussées, défendues comme on vient de voir[58].