Note 53 — LANCELOT DU LAC. (continued 3)
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«—Ma dame, vous devez savoir, dit Galehaut, qu'on ne peut se défendre de trembler devant celle qu'on aime. Je vais demander pour lui, et je ne vous prierais pas, qu'encore le devriez-vous accorder: vous ne pouvez gagner un plus riche trésor.—Je le sais; et je ferai pour lui ce que vous direz.—Grand merci! Je réclame pour lui votre amour; vous le tiendrez désormais pour votre chevalier; vous serez loyalement sa dame jusqu'à la fin de vos jours. Ainsi l'aurez-vous rendu plus riche qu'en lui donnant le monde entier.—Eh bien, oui! je m'accorde à ce qu'il soit tout mien, moi toute sienne; et que vous vous portiez garant de notre fidélité à cet engagement[53].—Grand merci, dame! maintenant je demande les premières arrhes.—Vous me voyez prête à les donner.—Grand merci! j'entends que devant moi vous le baisiez.—J'y consentirais volontiers; mais le temps, le lieu ne le permettent pas. Ces dames s'étonnent que nous soyons restés si longtemps à part; elles ne manqueraient pas de regarder. Si pourtant il le voulait, je m'y accorderais encore.» Et Lancelot est tellement ravi de ces paroles qu'il ne peut que répondre: «Dame, grand merci!—Quant à son vouloir, reprend Galehaut, vous n'en pouvez douter. Nous allons nous lever, nous irons un peu plus loin, comme si nous étions en grand conseil; ces dames ne pourront rien voir.—Pourquoi, dit la reine, me ferais-je prier? Je le veux en vérité plus que lui.»