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Les Romans de la Table Ronde (3 / 5)

Note 51 — LANCELOT DU LAC. (continued 3)

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Le lendemain, après la messe célébrée de grand matin dans les deux camps, on s'arma, on sortit des lices petit à petit, on s'aventura sur le gué, en attirant ou se laissant attirer sur l'une ou l'autre rive: les gens de Galehaut occupaient la droite et ceux du roi Artus la gauche. Il y eut de beaux faits d'armes, parmi lesquels on distingua ceux d'Escoral le pauvre, chevalier de Galehaut, et plus tard, de la maison d'Artus; il joûta contre Galeguinan, frère naturel de monseigneur Yvain de Galles: les lances brisées, tous les deux tombèrent en même temps sous le ventre de leurs chevaux. On accourut pour les relever; les gens de Galehaut plus nombreux, emmenaient prisonnier Galeguinan, quand vint Yvain l'avoutre à la rescousse, qui délivra Escoral. Galehaut fit avancer une seconde échelle à laquelle répondit monseigneur Gauvain. Les Bretons allaient emporter l'avantage de la journée, quand Galehaut couvrit la plaine de nouvelles batailles, qui obligèrent le vaillant et sage neveu d'Artus à rentrer en bon ordre au camp. Les lices furent alors attaquées; Gauvain, qui valait le meilleur rempart, vit tomber son cheval mortellement frappé; messire Yvain, avec tous ceux qui n'avaient pas encore donné, fit un suprême effort, et les assaillants rebroussèrent chemin. Le Roi-premier conquis vuida les arçons; mais messire Gauvain eut grande peine à remonter: il était couvert de plaies dont il ne guérit jamais bien, et, à partir de ce jour, on parla moins de ses prouesses et plus de celles de Lancelot du lac[51].

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