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Les Romans de la Table Ronde (3 / 5)

Note 32 — LANCELOT DU LAC. (continued 2)

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À ce mot, le Blanc chevalier retient son coursier sur la rive; mais le prétendu gardien du gué pique jusqu'à lui et va saisir son cheval au frein. «Il est, dit-il, à moi.—Pourquoi?—Pour être entré dans le gué.» Le Blanc chevalier allait descendre, quand en quittant l'étrier un doute lui vient: «Mais dites-moi, chevalier, au nom de qui venez-vous?—Au nom de la reine.—Vous en a-t-elle donné la charge?—Non, puisque vous insistez; j'agis en mon nom.—Alors vous n'aurez pas mon cheval. Laissez le frein!—Non.—Laissez le frein, ou vous vous en repentirez.—C'est là ce que nous allons voir.» Et ce disant, il quitte le frein, ramène son écu sur sa poitrine, lève son glaive et s'élance vers le Blanc chevalier, qui le reçoit en le faisant voler à terre. Puis, saisissant la bride abandonnée du cheval: «Reprenez-la, dit-il, j'ai en vérité regret de vous avoir abattu.—Au moins, dit l'autre qui ne pouvait cacher son dépit, me direz-vous qui vous êtes.—Je n'en ai pas l'intention.—Eh bien! nous allons recommencer.—Non, vous êtes en trop haut conduit[32].—Je ne suis pas, vous dis-je, à la reine et je veux savoir votre nom.—Mais je n'entends pas vous le dire.—Défendez-vous donc.» Le combat se renouvelle, et cette fois dure plus longtemps; à la fin, il fallut que pour sauver sa vie l'inconnu demandât merci.

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