Note 22 — LANCELOT DU LAC. (continued 2)
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Les trois otages de Claudas, enfermés dans une chambre dont Pharien gardait les clefs, les avaient entendus revenir, et n'auguraient rien de bon de leur retour. «Sire oncle,» dit Lambègue, après avoir un instant respiré, «oh! pour Dieu! laissez-moi punir sur eux la félonie de Claudas.—Non, beau neveu, le méfait de leur seigneur n'est pas leur méfait; le roi Claudas ne m'a fait en sa vie qu'une seule honte, dont je dois me taire, et ces prud'homes n'en sont pas responsables.» Comme il arrêtait encore une fois la fureur de Lambègue, voilà qu'un écuyer vient l'avertir que Claudas demandait à lui parler sous les murs de la ville. Il remonte, vient à la porte, et reconnaît devant lui le roi étendu dans une litière. Un chevalier lui fait signe d'approcher: «Pharien,» lui dit Claudas, donnez-moi des nouvelles de mes otages; sont-ils encore en vie?—Oui, sire.» Le visage du roi s'éclaircit à cette réponse. «Écoutez-moi, Pharien[22]; vous m'avez rendu votre hommage sans en avoir bonne raison. Je vous requiers de le reprendre; et si vous refusez, au moins ai-je le droit de vous recommander mes otages. Mais consentez à revenir à moi, et je suis prêt à tenir la promesse que je vous avais faite.—Sire, comment l'entendez-vous?—Je m'étais engagé à mon vassal, je dois tenir mes engagements à son égard, non à l'égard d'un homme qui n'est plus à moi. Si vous ne voulez pas rester mon homme, et que vous retourniez à Gannes, je ne dois attendre de vous ni bon ni mauvais conseil. Dites seulement à dix des principaux de la ville de venir me parler.»