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Les Romans de la Table Ronde (1 / 5)

Note 87 — LIVRE II. LE SAINT-GRAAL.

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Nascien réfléchit un instant, et ne trouva dans son esprit aucun doute sur la vraie créance; il mit hardiment le pied dans la nef. Il la visita dans toutes ses parties, et ne put retenir son admiration de la voir si belle, si somptueuse et si solidement construite. Revenant sur ses pas, il vit, dans le milieu de la salle principale, de longs rideaux blancs qu'il souleva: ils entouraient un lit beau, grand et riche. Sur le chevet était posée une couronne d'or; aux pieds, une épée qui jetait grande clarté, étendue en travers du lit et à demi tirée du fourreau. La poignée était faite d'une pierre qui semblait offrir la réunion de toutes les couleurs, et chacune de ces couleurs avait, ainsi qu'on le dira plus tard, une vertu particulière. La poignée de l'épée[87] était faite de deux côtes, fournies l'une par le serpent nommé Palaguste, qu'on trouve surtout dans le pays de Calédonie: quand on la touche, on devient insensible à l'ardeur du soleil, on a toujours le corps frais et dispos. L'autre côte venait d'un poisson de grandeur médiocre, nommé Cortenans, et qu'on trouve dans le fleuve d'Euphrate. Celui qui la touche oublie aussitôt les sujets qu'il avait eus jusque-là de tristesse ou de joie, pour être tout entier à la pensée qui lui avait fait saisir l'épée. Le drap vermeil sur lequel cette épée était placée laissait voir des lettres qui disaient: Je suis merveilleuse à voir, plus merveilleuse à connaître. Le privilége de m'employer n'appartiendra qu'à un seul, lequel surpassera en bonté tous les autres hommes qui sont nés ou à naître.

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