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Les règles de Cicco Simonetta pour le déchiffrement des écritures secrètes

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Elles ont été rédigées à Pavie le lundi 4 juillet 1474. Cette date est digne de remarque, car c'est le moment où les correspondances chiffrées commencèrent à prendre de l'extension en Italie. En effet, l'usage de la cryptographie, qui remonterait à l'antiquité la plus reculée, qui aurait été commun chez les Grecs[8] et les Romains[9], dont les documents wisigothiques offrent de nombreux spécimens[10], dont on rencontre aux archives de Venise deux ou trois exemples du XIIIe siècle[11] et plusieurs du XIVe[12], ne devint pas général en Italie avant le courant du XVe[13]; mais alors les écritures secrètes se multiplient. Toutefois à cette époque, qui est comme l'enfance de l'art cryptographique, tous les systèmes d'écriture secrète dérivent du même principe; les noms propres de personnes, de lieux ou de pays sont représentés par des mots ou des signes particuliers; pour les noms communs, chaque lettre de l'alphabet répond à un signe ou deux; ces signes sont tantôt des lettres, isolées ou accouplées, dont l'ordre est interverti ou la valeur changée, tantôt des chiffres isolés ou accouplés, tantôt des caractères bizarres et de pure fantaisie au choix desquels l'imagination des correspondants a seule présidé; enfin ces lettres, ces chiffres ou ces caractères sont accompagnés de ce qu'on nomme en cryptographie des non-valeurs, c'est-à-dire de signes nuls, qui n'ont pas de sens et ne sont introduits dans le texte qu'en vue de dépister les curieux[14]. Déjà, cependant, les accents, les points, les virgules, les apostrophes, tous les signes qui pourraient aider au déchiffrement sont supprimés[15]; le plus souvent les mots ne sont pas séparés[16].

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