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Reading edition
Le manuscrit italien 1595[1] de la Bibliothèque nationale contient, du folio 438 au folio 446, des fragments d'un prétendu diario de Cicco Simonetta, secrétaire et conseiller des trois premiers ducs de Milan de la dynastie de Sforza[2]. Les folios 438, 439 et 440 sont remplis par des minutes de comptes; les folios 442, 443, 444, 445, 446, par des catalogues de livres ou de manuscrits ou des minutes de lettres; enfin le folio 441 tout entier et le recto du folio 442, par les Regule ad extrahendum litteras ziferatas sine exemplo, qui font la matière du présent travail. Dans ces fragments, on le voit, il y a un peu de tout, des notes de toutes sortes plutôt qu'un journal, et la dénomination de diario qui leur a été assignée, soit par le classificateur, soit par le possesseur ancien du manuscrit en question, serait tout à fait impropre, si la plupart d'entre eux n'étaient datés du quantième et du mois. Quant à leur attribution à Simonetta, elle nous paraît devoir prêter moins à controverse. D'abord la théorie des règles suivies par la chancellerie milanaise avait été pendant longtemps l'objet des méditations de Cicco Simonetta; il avait même préparé, en 1435, un traité de la chancellerie de François Sforza[3], et nous ne serions pas surpris que les règles qui nous occupent eussent été tirées de ce traité, qui n'a jamais été publié. Ce n'est là qu'une présomption en faveur de l'hypothèse qui fait de Simonetta l'auteur de ces règles; nous avons en revanche des preuves presque certaines que, si elles ne sont pas l'œuvre de Cicco, elles ont du moins été tracées de sa main. En effet, elles sont de la même écriture que le soi-disant diario, et l'écriture de ces notes présente de telles analogies avec celle des lettres ou morceaux autographes de Simonetta, conservés dans l'Archivio Sforzesco[4], et avec celle du manuscrit dit de Simonetta[5], regardé ordinairement comme autographe, qu'on doit les attribuer au même personnage. Il est vrai que le catalogue de manuscrits, non daté, qui, sous forme de lettre à Philippe Sacramoro, orateur milanais à Florence, termine le prétendu diario (fol. 445 vo et fol. 446 ro) est signé Ja. Poggius[6]; mais cette signature ne peut être autographe; en effet, l'écriture de ce catalogue est la même que celle des autres pièces du diario[7]; or, toutes ces pièces sont datées de Pavie ou de Gallerate et émanent certainement d'un Milanais; de plus, les comptes qui en font partie (fol. 438, 439 et 440) et qui sont tous relatifs aux revenus et aux dépenses du royaume de Naples dénotent une connaissance intime des détails de l'administration et du gouvernement napolitain, connaissance qui eût pu difficilement être le lot de Jacques Pogge, tandis qu'elle serait parfaitement celui de Simonetta, ancien serviteur du roi de Naples. Somme toute, l'attribution à ce dernier du diario et par suite des regule, exception faite toutefois pour le catalogue de manuscrits signé de Pogge, nous paraît devoir être provisoirement admise à défaut d'une meilleure à proposer.