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Les mystères du peuple, Tome III

Note (retour) — LA GARDE DU POIGNARD.

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L'an passé les semailles d'automne ont été plus plantureuses que les semailles d'hiver; cet an-ci, c'est le contraire; ou bien, la grande taure noire donne quotidiennement six pintes de plus de lait que la grosse taure poil de loup; ou bien, l'aignelée de janvier est plus laineuse que l'aignelée de mars de l'an dernier; ou bien encore, l'an passé, le froment était si cher, si cher, qu'un muids de blé vieux se vendaient douze à treize deniers 47; de ce temps-ci, le prix des bestiaux et des volailles va toujours augmentant, puisque nous payons maintenant un boeuf de travail deux sous d'or 48; une bonne vache laitière, un sou d'or; un bon cheval de trait, six sous d'or... Voire encore: notre descendance ne sera-t-elle point fort aise de savoir qu'en ce temps-ci un bon porc, très en chair, vaut, en automne, douze deniers 49, ni plus ni moins qu'un maître bélier? et que notre dernière bande d'oies grasses a été vendue cet hiver, au marché de Vannes, une livre d'argent pesant 50? La voilà-t-il pas bien avisée, notre descendance, quand elle saura que les journaliers que nous prenons en la moisson, nous les payons un denier par jours 51? Oui, voilà-t-il pas de beaux et curieux récits à lui laisser, à notre race?

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