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Les mystères du peuple, Tome III

Note G — LA GARDE DU POIGNARD.

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Note G:

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J'écris ceci aujourd'hui 3 juin 1850, jour de la promulgation de la loi contre le suffrage universel.

Nous l'avons déjà dit, toute pensée d'oppression, toute négation de liberté se rattache de près ou de loin, dans l'histoire, à la tradition ultramontaine, qui, dès les premiers siècles, a complétement faussé la doctrine du Christ. L'honorable M. de Montalembert, l'un des plus ardents défenseurs de la nouvelle loi électorale, aura rallié ses honorables collègues aux coutumes épiscopales en matière de suffrage universel, il leur aura cité le canon 13 du concile de Laodicée, de sorte que ses collègues, frappés de l'heureuse et divine lumière de ce canon 13, ont déclaré par l'organe de l'honorable M. Thiers, qu'en effet la vile multitude était aujourd'hui, comme au troisième siècle de l'ère chrétienne, complétement indigne d'exercer le suffrage universel.

Voici ce que nous lisons à ce sujet dans un illustre historien dont personne n'a jamais mis en doute l'imposante autorité:

«... A cette époque (au troisième siècle après Jésus-Christ), c'était par une élection purement démocratique que le clergé se recrutait de membres nouveaux; les évêques eux-mêmes étaient élus par leurs troupeaux, et les citoyens les plus obscurs concouraient à cette nomination importante. Ce n'est pas que les deux autorités civiles et ecclésiastiques n'eussent cherché de concert à écarter la populace de ces élections; un canon du concile de Laodicée interdisait à la foule de prendre part aux élections pour le sacerdoce, et une nouvelle de Justinien ordonnait au métropolitain, qui apprenait la mort de l'un de ses évêques, de convoquer seulement les clercs et les premiers citoyens de la ville, en même temps qu'il ordonnait une commission à quelque autre de ses suffragants pour administrer le siége vacant et présider à l'élection; mais la multitude accourait toujours de toutes les parties du diocèse dans le lieu où l'on allait lui choisir un nouveau pasteur; elle réclamait ses droits au nom de l'égalité des fidèles devant Dieu... Ces acclamations, à la vue de quelque saint personnage, étaient prises pour une voix du ciel; aussi dans les récits des vies des saints et dans les lettres où Sidoine Apollinaire raconte la nomination de quelques évêques des Gaules, ON VOIT PRESQUE TOUJOURS LES CLAMEURS POPULAIRES l'emporter sur le voeu des prêtres et sur celui de l'aristocratie.» (Sismondi, Histoire des Français, v. I, p. 99, édition 1821.)

Espérons qu'au dix-neuvième siècle comme au troisième le droit des peuples s'exercera un jour dans sa souveraineté absolue.

Concilii Laodicensis, canon 13.--Labbei concilior. gener., t. I, p. 1498.--Novella CXXIII, ch. I, authent. collectio 9, tit. 7.--Sulpicius Severus in vita sancti Martini, ch. VII, Script. franc, t. I, p. 574.--Sidoine Apollinaire, l. IV, tit. 25; l. VII, tit. 5 et 9.--Script. franc., t. I, p. 794-797.

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