BIZET
Reading edition
LES PÊCHEURS DE PERLES
8 octobre 1863.
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La partition de cet opéra a obtenu un véritable succès, elle contient un nombre considérable de beaux morceaux expressifs pleins de feu et d'un riche coloris. Il n'y a pas d'ouverture, mais une introduction chantée et dansée pleine de verve et d'entrain. Le duo suivant:
Au fond du temple saint,
est bien conduit et d'un style sobre et simple. Le chœur qui se chante à l'arrivée de Leila a paru assez ordinaire; mais celui qui le suit est au contraire majestueux et d'une pompe harmonieuse remarquable. Il y a beaucoup à louer dans l'air de Nadir, avec accompagnement obligé des violoncelles et d'un cor anglais; Morini, d'ailleurs, l'a chanté d'une façon délicieuse. Citons encore un joli chœur exécuté dans la coulisse, un passage à trois temps dans lequel un solo de violon produit un effet original. J'aime moins l'air de Leila sur la montagne; il est accompagné d'un chœur dont le rythme est de ceux qu'on n'ose plus écrire aujourd'hui. Un autre air de Leila, avec solo de cor, est plein de grâce; l'intervention d'un groupe de trois instruments à vent, supérieurement amenée et ramenée, y produit un effet d'une ravissante originalité. Il y a de l'ampleur et de beaux mouvements dramatiques dans le duo entre Nadir et Leila:
Ton cœur n'a pas compris le mien.
Je reprocherai seulement à l'auteur d'avoir un peu abusé dans ce duo des ensembles à l'octave. L'air du chef, au troisième acte, a du caractère; la prière de Leila est touchante; elle le serait davantage sans les vocalises, qui, à mon sens, en déparent la fin.
M. Bizet, lauréat de l'Institut, a fait le voyage de Rome; il est revenu sans avoir oublié la musique. A son retour à Paris, il s'est bien vite acquis une réputation spéciale et fort rare, celle d'un incomparable lecteur de partitions. Son talent de pianiste est assez grand d'ailleurs, pour que dans ces réductions d'orchestre qu'il fait ainsi à première vue, aucune difficulté de mécanisme ne puisse l'arrêter. Depuis Liszt et Mendelssohn, on a vu peu de lecteurs de sa force. Mais, sans doute, on l'eût, comme à l'ordinaire, claquemuré dans cette spécialité, sans l'intervention bienveillante de M. le comte Walewski et la subvention léguée au Théâtre-Lyrique par cet ami des arts au moment où il quittait le ministère. Les cent mille francs dont M. Carvalho peut maintenant disposer annuellement lui donnent courage, et il ne recule plus devant les dangers que la plupart des prix de Rome passent pour faire courir aux directeurs des institutions musicales. La partition des Pêcheurs de Perles fait le plus grand honneur à M. Bizet, qu'on sera forcé d'accepter comme compositeur, malgré son rare talent de pianiste lecteur[51].
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FIN
TABLE
INTRODUCTION1
HECTOR BERLIOZ, CRITIQUE MUSICAL
MOZART.
Don Juan (15 novembre 1835) 3
La Flûte enchantée et Les Mystères d'Isis. (1er mai 1836)14
CHERUBINI.
Esquisse biographique (20 mars 1842)25
AUBER.
Les Diamants de la couronne (12 mars 1841).43
LESUEUR.
Rachel, Noémi, Ruth et Booz (21 novembre 1835)59
Esquisse biographique (15 octobre 1837)68
MEYERBEER.
Les Huguenots (10 novembre et 10 décembre 1836)83
Le Prophète (29 avril et 27 octobre 1849).106
HEROLD.
Zampa (27 septembre 1835)131
DONIZETTI.
La Fille du Régiment (16 février 1840)145
HALÉVY.
Le Val d'Andorre (14 novembre 1848)159
BELLINI.
Notes nécrologiques (16 juillet 1836)167
ADAM.
Le Toréador (9 juin 1849)183
GLINKA.
La Vie pour le Czar.—Russlane et Ludmila (16 avril 1845)205
FÉLICIEN DAVID.
Le Désert (15 décembre 1844)219
AMBROISE THOMAS.
Le Caïd (7 janvier 1849)241
GOUNOD.
Sapho (22 avril 1851, 7 janvier 1852)255
Faust (26 mars 1859)285
HENRY LITOLFF.
La musique symphonique à Paris.—Henry Litolff; son quatrième Concerto Symphonie 303
OFFENBACH
Barkouf (2 et 3 janvier 1861)319
ERNEST REYER.
La Statue (21 avril 1862)333
BIZET.
Les Pêcheurs de perles (8 octobre 1863)343
Imp. Vve ALBOUY, 75, avenue d'Italie—Paris. 2122.3.03.