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Les grotesques de la musique

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Ma foi! je ne veux pas me faire plus brave que je ne suis, et ce n'était pas sans raison que le cœur m'avait battu aux approches de l'instant solennel. Vous rirez tant qu'il vous plaira, mais je faillis tomber la face contre terre... Les arbres frissonnèrent, les eaux du canal se ridèrent... au souffle délicieux de la brise du soir... Mutisme complet des canons!...

Un silence profond s'établit après la dernière mesure de la symphonie, silence majestueux, grandiose, immense, que troublèrent seuls l'instant d'après les applaudissements de la multitude, satisfaite apparemment de l'exécution. Et l'auditoire se retira, sans se douter de l'importance des lances à feu, sans regret pour la jouissance à laquelle il avait échappé, oublieux des promesses du programme, et bien persuadé que les deux fusées volantes dont il avait entendu le sifflement et vu les étincelles, étaient simplement un nouvel effet d'orchestre de mon invention, assez agréable à l'œil. Le Charivari, abondant dans ce sens, publia là-dessus une série d'articles éblouissants et de la plus haute portée. Qu'eût-il fait si les lances à feu!... C'est fatal! j'eusse gagné ce soir-là quelque nouveau grade, un surnom immortel, j'aurais reçu le baptême du feu!... Nouvelle et foudroyante preuve que, si l'on vit souvent des fusils partir qui n'étaient pas chargés, on voit quelquefois aussi même des canons chargés qui ne partent pas.

L'apothéose ainsi terminée pacifiquement, nous laissons sur le bord du canal, et la bouche ouverte, nos pièces toujours pointées et nos artilleurs désappointés. Il fallait courir à l'hôtel de ville, où un autre orchestre et un autre chœur m'attendaient pour l'exécution de la cantate. Mon espérance, cette fois, ne fut en rien trompée; nos chanteurs et nos musiciens n'eurent ni un soupir ni une double-croche à se reprocher. Il n'en fut pas de même de nos auditeurs; après le concert, pendant que j'écoutais les gracieusetés que M. le duc de Nemours et son frère de Montpensier avaient la bonté de me dire, quelque amateur d'autographes me fit l'honneur de me voler mon chapeau. J'en fus peiné, car la conscience de mon amateur lui aura sans doute sévèrement reproché de n'en avoir pas pris un meilleur; et puis je me voyais obligé de sortir tête nue, et il pleuvait.

Voilà tout ce que j'ai à vous apprendre sur Lille et les fêtes, de l'inauguration.—Comment, direz-vous, c'est pour me faire savoir qu'il y a de bons choristes, d'excellentes musiques militaires et de faibles artilleurs dans le chef-lieu du département du Nord, que vous m'écrivez une si longue lettre?—Eh mais, c'est là le talent! La belle malice d'écrire beaucoup quand on a beaucoup à dire! C'est à élever une longue avenue de colonnes, qui ne conduit à rien, que consiste aujourd'hui le grand art. Vous promenez ainsi votre naïf lecteur dans l'allée des Sphinx de Thèbes; il vous suit patiemment avec l'espoir d'arriver enfin à la ville aux cent portes; puis, tout d'un coup, il compte son dernier sphinx; il ne voit ni portes ni ville, et vous le plantez là, dans le désert.

H. BERLIOZ.

Tout est bien qui finit gaiement.

On peut remarquer un singulier contraste entre l'activité des musiciens de Paris à l'époque où nous sommes, et celle qu'ils déployaient il y a vingt ans. Presque tous avaient foi en eux-mêmes et dans le résultat de leurs efforts; presque tous aujourd'hui ont perdu cette croyance. Ils persévèrent néanmoins.

Leur courage ressemble à celui de l'équipage d'un navire explorant les mers du pôle antarctique. Les hardis marins ont bravé d'abord joyeusement les dangers des banquises et des glaces flottantes. Peu à peu, le froid redoublant d'intensité, les glaçons entourent leur vaisseau, sa marche est plus difficile et plus lente; le moment approche où la mer solidifiée le retiendra captif dans une immobilité silencieuse semblable à la mort.

Le danger devient manifeste; les êtres vivants ont presque tous disparu; plus de grands oiseaux aux ailes immenses dans ce ciel gris d'où tombe un épais brouillard, plus rien que des troupes de pingouins debout, stupides, sur des îles de glace, péchant quelque maigre proie, en agitant leurs moignons sans plumes incapables de les porter dans l'air... Les matelots sont devenus taciturnes, leur humeur est sombre, elles rares paroles qu'ils échangent entre eux en se rencontrant sur le pont du navire diffèrent peu de la funèbre phrase des moines de la Trappe: «Frère, il faut mourir!»

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Mais ne nous laissons pas gagner par leur spleen, chassons les idées noires et d'une voix légère chantons ce gai refrain si connu:

notation musicale
notation musicale

FIN

TABLE

pages

PROLOGUE.—Lettres des choristes de l'Opéra à l'auteur.—Réponse de l'auteur aux choristes de l'Opéra 1

Le droit de jouer en fa dans une simphonie en ré20

Un virtuose couronné21

Un nouvel instrument de musique.22

Le régiment des colonels23

Une cantate24

Un programme de musique grotesque27

Est-ce une ironie?30

L'évangéliste du tambour32

L'apôtre du flageolet35

Le prophète du trombone35

Chefs d'orchestre36

Appréciateurs de Beethoven38

La version Sontag39

On ne peut pas danser en mi40

Un baiser de Rossini40

Un concerto de clarinette41

Les instruments de musique à l'Exposition universelle45

Un rival d'Erard58

Correspondance diplomatique.—Lettre adressée à S. M. Aïmata Pomaré, reine de Taïti59

Prudence et sagacité d'un provincial.—L'orgue mélodium d'Alexandre63

La trompette marine.—Le saxophone.—Les savants en instrumentation66

Jaguarita.—Les femmes sauvages68

La famille Astucio71

Les mariages de convenance74

Grande nouvelle76

Autre nouvelle76

Le sucre d'orge.—La musique sévère77

La Jettatura82

Les dilettanti en blouse et la musique sérieuse83

Lamentations de Jérémie88

Un critique modèle106

L'accent dramatique108

Succès d'un miserere110

La saison.—Le club des cauchemars111

Petites misères des grands concerts121

On a un billet avec vingt francs127

Guerre aux bémols129

Correspondance scientifique.—Plombières et Bade, 1re lettre.130

—Plombières et Bade, 2e lettre145

Aberrations et hallucinations de l'oreille164

Correspondance philosophique.—Lettre adressée à M. Ella167

La débutante.—Despotisme du directeur de l'Opéra172

Le chant des coqs, les coqs du chant178

Les moineaux180

La musique pour rire183

Les sottises des nations.—Castigat ridendo mores185

L'ingratitude est l'indépendance du cœur188

Vanité de la gloire192

Madame Lebrun199

Le temps n'épargne rien202

Le rhythme de l'orgueil204

Mot de M. Auber206

La musique et la danse206

Les danseurs poëtes209

Autre mot de M. Auber210

Concerts210

La bravoure de Nelson215

Préjugés grotesques217

Les athées de l'expression228

Madame Stoltz et Madame Sontag.—Les millions237

Heur et malheur246

Les dilettanti du grand monde.—Le poëte et le cuisinier249

Les bois d'orangers.—Le gland et la citrouille252

Les passades254

Sensibilité et laconisme.—Une oraison funèbre en trois syllabes256

Voyages en France.—Correspondance académique257

Tout est bien qui finit gaiement304

FIN DE LA TABLE

ŒUVRES COMPLÈTES DE M. HECTOR BERLIOZ

ŒUVRE I

OUVERTURE DE WAVERLEY

PUBLIÉE A PARIS CHEZ RICHAUT

Boulevard Poissonnière, 26

—En grande partition. —Pour piano à quatre mains. —En parties séparées.

L'arrangement pour piano à quatre mains est également publié à Brunswick, chez Leibrock.

ŒUVRE II

IRLANDE

Recueil de morceaux de chant avec accompagnement de piano sur des paroles traduites de Thomas Moore, publié à Paris chez Richaut, boulevard Poissonnière, 26.

Deux de ces morceaux: l'Élégie et Adieu, Bessy, contiennent le texte original anglais.

La Belle Voyageuse et le Chant sacré, instrumentés par l'auteur, sont aussi publiés en grande partition.

ŒUVRE III

OUVERTURE DES FRANCS-JUGES

PUBLIÉE A PARIS CHEZ RICHAUT

boulevard Poissonnière, 26

—En grande partition. —Pour piano à quatre mains. —En parties séparées d'orchestre. —En parties séparées pour musique militaire.

ŒUVRE IV

OUVERTURE DU ROI LÉAR

PUBLIÉE A PARIS CHEZ RICHAUT

Boulevard Poissonnière, 26

—En grande partition. —Pour piano à quatre mains. —En parties séparées d'orchestre.

L'arrangement pour piano à quatre mains est également publié à Brunswick, chez Mayer.

ŒUVRE V

MESSE DES MORTS

REQUIEM

PUBLIÉE A MILAN, CHEZ RICORDI

—En grande partition.

On en trouve des exemplaires à Paris, chez Brandus, rue Richelieu, 103.

L'édition de Ricordi est la seule correcte. Elle diffère même en plusieurs points essentiels d'une édition antérieure qui fut faite à Paris, chez Schlesinger, et qui n'existe plus.

Les parties séparées de chœur se trouvent à Paris, chez Brandus.

ŒUVRE VI

LE CINQ MAI

CANTATE

Pour voix de Basse et Chœur

PUBLIÉ A PARIS CHEZ RICHAUT

Boulevard Poissonnière, 26

—En grande partition. —En parties séparées d'orchestre. —En partition de piano et chant.

(Avec texte français et allemand.)

ŒUVRE VII

LES NUITS D'ÉTÉ

RECUEIL DE SIX MORCEAUX DE CHANT

Il y a une édition avec piano chez Richaut, à Paris.

Elle diffère un peu dans l'un des morceaux (le Spectre de la Rose) de la belle édition publiée avec texte français et allemand, avec piano et en grande partition, à Winterthur en Suisse chez Ritter Biedermann, et à Leipzig chez Hofmeister.

ŒUVRE VIII

RÊVERIE ET CAPRICE

ROMANCE POUR LE VIOLON

—En partition de piano. —En grande partition. —En parties séparées d'orchestre.

ŒUVRE IX

OUVERTURE DU CARNAVAL ROMAIN

Deuxième ouverture de BENVENUTO CELLINI

Destinée à être exécutée avant le second acte de cet opéra.

PUBLIÉE A PARIS CHEZ BRANDUS

Rue Richelieu, 103

—En grande partition. —En parties séparées d'orchestre. —Pour piano à quatre mains, et pour deux pianos à quatre mains. Arrangement de Pixis.

ŒUVRE X

TRAITÉ D'INSTRUMENTATION

suivi de

LA THÉORIE DU CHEF D'ORCHESTRE

PUBLIÉ A PARIS, CHEZ SCHONENBERGER

Boulevart Poissonnière

En allemand, à Berlin, chez Schlesinger;

En italien, à Milan, chez Ricordi;

En anglais, à Londres, chez Novello.

La seconde édition (anglaise et française) est seule exacte et correcte; elle contient plusieurs chapitres nouveaux, d'autres refaits.

L'édition italienne ne contient pas d'ailleurs la Théorie du chef d'orchestre, que l'éditeur allemand de Berlin a publiée à part.

ŒUVRE XI

SARA LA BAIGNEUSE

BALLADE A TROIS CHOEURS

PUBLIÉE A PARIS, CHEZ RICHAUT

Boulevard Poissonnière, 26

—En grande partition.

—En parties séparées d'orchestre, et arrangée pour deux voix avec accompagnement de piano.

ŒUVRE XII

LA CAPTIVE

RÊVERIE POUR CONTRALTO

PUBLIÉE A PARIS, CHEZ RICHAUT

Boulevard Poissonnière, 26

—Avec piano. —En grande partition.

Ce morceau est aussi publié à Leipzig, avec texte allemand et accompagnement de piano.

ŒUVRE XIII

FLEURS DES LANDES

Recueil de cinq morceaux de chant

PUBLIÉ A PARIS, CHEZ RICHAUT

Boulevard Poissonnière, 26

Le morceau intitulé le Pâtre breton est publié à part en grande partition, avec texte français et allemand.

ŒUVRE XIV

SYMPHONIE FANTASTIQUE Première partie de l'Episode de la vie d'un artiste

PUBLIÉE A PARIS, CHEZ BRANDUS

Rue Richelieu, 103

—En grande partition. —En parties séparées, et pour piano (arrangement de Liszt).

ŒUVRE XIV bis

LELIO

MONODRAME LYRIQUE

Deuxième partie de l'Episode de la vie d'un artiste

PUBLIÉ A PARIS, CHEZ RICHAUT

Boulevard Poissonnière, 26.

—En grande partition.

—En parties séparées d'orchestre, et en partition de piano et chant, avec texte français et allemand.

La fantaisie dramatique sur la Tempête de Shakespeare, qui en forme le finale, peut être détachée de l'ouvrage et s'exécuter à part dans les concerts.

ŒUVRE XV

SYMPHONIE FUNÈBRE ET TRIOMPHALE

Pour deux orchestres et chœur

PUBLIÉE A PARIS, CHEZ BRANDUS

Rue Richelieu, 103

—En grande partition. —En parties séparées d'orchestre et de chœur.

ŒUVRE XVI

HAROLD EN ITALIE

SYMPHONIE

avec un alto principal

PUBLIÉE A PARIS CHEZ BRANDUS

Rue Richelieu, 103

—En grande partition. —En parties séparées d'orchestre.

ŒUVRE XVII

ROMÉO ET JULIETTE

SYMPHONIE DRAMATIQUE

avec chœurs et solos de chant

PUBLIÉE A PARIS, CHEZ BRANDUS

Rue Richelieu, 103

—En grande partition. —En parties séparées d'orchestre et de chœur.

La partition de piano et chant arrangée par Théodore Ritter, est publiée avec texte français et allemand, à Winterthur en Suisse, chez Ritter Biedermann, et à Leipzig, chez Hofmeister.

Cette partition de piano est indispensable pour les études chorales de la symphonie.

ŒUVRE XVIII

TRISTIA

Recueil de deux chœurs et d'une marche funèbre avec chœurs

PUBLIÉ A PARIS, CHEZ RICHAUT

Boulevard Poissonnière, 26

—En grande partition. —En parties séparées d'orchestre.

(Le Nº 1, méditation religieuse, et le Nº 2, ballade sur la mort d'Ophélie, se trouvent avec accompagnement de piano chez le même éditeur.)

ŒUVRE XIX

FEUILLETS D'ALBUM

Recueil de trois morceaux de chant avec accompagnement de piano, dont un avec chœur, publié à Paris chez Richaut.

L'un de ces morceaux (Zaïde) est publié à Vienne, chez Haslinger, avec texte allemand et français.

Il faut ranger encore parmi les Feuillets d'Album une Prière du matin, chœur à deux voix, publié avec piano, à Paris, chez Escudier; la belle Isabeau, conte pendant l'orage, avec chœur, publié avec piano, à Paris, chez Edmont Mayaud, et le Chasseur Danois, chant pour voix de basse, publié avec piano, à Paris, chez Mayaud.

ŒUVRE XX

VOX POPULI

Deux grands chœurs avec orchestre

(La Menace des Francs et l'Hymne à la France.)

PUBLIÉS A PARIS, CHEZ RICHAUT

Boulevard Poissonnière, 26

—En grande partition.

ŒUVRE XXI

OUVERTURE DU CORSAIRE

PUBLIÉE A PARIS, CHEZ RICHAUT

Boulevard Poissonnière, 26

—En grande partition. —En parties séparées d'orchestre.

Un arrangement pour piano de cette ouverture (par M. de Bulow) est publié à Leipzig.

ŒUVRE XXII

TE DEUM

A trois chœurs, avec orchestre et orgue

PUBLIÉ A PARIS, CHEZ BRANDUS

Rue Richelieu, 103

—En grande partition.

ŒUVRE XXIII

BENVENUTO CELLINI

Opéra en trois actes

Publié à Brunswick, chez Mayer et Litolff, en partition de piano et chant, avec texte français et allemand.

Plusieurs morceaux de chant détachés de cet opéra, sont également publiés avec accompagnement de piano, à Paris, chez Brandus.

La grande partition, inédite, ne se trouve qu'à Paris, chez l'auteur, et au théâtre de Weimar. Celle qui existe à l'Opéra de Paris est dans le désordre le plus complet et ne contient point les modifications importantes que l'auteur a faites à cet ouvrage avant de le faire représenter à Weimar.

ŒUVRE XXIV

LA DAMNATION DE FAUST

Légende en quatre actes.

PUBLIÉE A PARIS, CHEZ RICHAUT

Boulevard Poissonnière, 26

Avec texte français et allemand

—En grande partition. —En parties séparées d'orchestre et de chœur. —En partition de piano et chant.

ŒUVRE XXV

L'ENFANCE DU CHRIST

Trilogie sacrée

PUBLIÉE A PARIS, CHEZ RICHAUT

Boulevard Poissonnière, 26

Avec texte français et allemand

—En grande partition. —En parties séparées d'orchestre et de chœur. —En partition de piano et chant.

A Londres, chez Beale, avec texte anglais et français.

En partition de piano et chant.

(Arrangement de MM. Méraux et Théodore Ritter.)

La seconde partie (la Fuite en Egypte) est publiée aussi à Leipzig, chez Kistner, avec texte allemand et français, en partition de piano et chant, et en grande partition.

ŒUVRE XXVI

L'IMPÉRIALE

deux voix et à grand orchestre

PARIS, CHEZ BRANDUS

Rue Richelieu, 103.

—En grande partition.

LES TROYENS

Opéra en cinq actes (inédit)

LES SOIRÉES DE L'ORCHESTRE

Un volume

A PARIS CHEZ, MICHEL LÉVY

DEUX VOLUMES DE MÉMOIRES

INEDITS

De nombreux fragments de cet ouvrage ont été publiés, en 1858 et 1859, dans le Monde Illustré.

NOTES:

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