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Les amours de Faustine

NOTES

Thierry Sandre translation

Poème I

L’épigramme Ad lectorem, reproduite dans la présente édition des Amours de Faustine, se trouve en tête des Varia Epigrammata. Nous l’avons déplacée pour en faire un prologue nécessaire.

Poème II

Poème III

Bella per Emathios plus quam civilia campos…

In nova fert animus mutatas dicere formas…

Inferni raptoris equos…

Poème IV

Poème XI

Poème XVI

Ha ! tu devrais imiter les pigeons, Qui bec en bec de baisers doux et longs Se font l’amour sur le haut d’une souche.

Ronsard (Sonnets pour Astrée, sonnet XIV.)

Mon plaisir en ce mois c’est de voir les coloms S’emboucher bec à bec de baisers doux et longs.

Ronsard (Sonnets pour Hélène, sonnet XXXV.)

Vois sur cet arbre à désir Ces tourterelles mignardes S’entrebaisoter tremblardes… Vois (tant leur amour est forte) Comme se voulant mêler El’ se tachent engouler, Tâchant de faire de sorte De deux une seulement.

Baif (Les Amours.)

Poème XVII

Ces jours passez, comme Amour vouloit tendre Son arc doré pour mon ame offencer, Il aperçeut ma Dame s’avancer, Qui de ce coup accouroit me defendre. Lors en tel point il se sentit surprendre, Que plein d’effroy, je luy vey commencer Un train qui peult tous les vents devancer, Tant peult ma Dame inutile le rendre : Mais en fuyant, ses traits je vey tomber, Et tout soubdain la belle se courber, Qui les print tous. Depuis Cupidon erre Tout desarmé, plein d’un amer ennuy, Et ma Cypris des despouilles de luy Fait ore aux dieux comme aux hommes la guerre.

(Les Souspirs, sonnet CX.)

Poème XIX

Poème XX

Joachim du Bellay célébra le départ des soldats français. Après le désastre de l’expédition, il écrivit un autre poème latin, à la mémoire des Français morts pour le pape Paul IV. Ce poème figure dans les Tumuli des Poemata, sous le titre : In Gallicam juventutem quæ pro Paulo IV. pont. max. bello Parthenopæo occubuit.

Poème XXI

Poème XXIV

[15]

Nam mellita fuit…

Imité de Catulle (Épig. III, vers 6 — Sur la mort du moineau de Lesbie) :

Nam mellitus erat…

[16]

Ut vobis male sit…

Le poème étant visiblement écrit sous l’influence des souvenirs de Catulle, je pense qu’il y a lieu de considérer le ut donné par l’édition originale comme une faute d’impression, et de le remplacer par at. Ainsi se retrouvera plus exactement et plus logiquement le at vobis male sit, male tenebræ (vers 13) de Catulle.

Poème XXV

Non dat basia, dat Neæra nectar, Dat rores animæ suaveolentes, Dat nardumque, thymumque, cinnamumque, Et mel, quale jugis legunt Hymetti Aut in cecropiis apes rosetis, Atque hinc virgineis et inde ceris Septum vimineo tegunt quasillo : Quæ si multa mihi voranda dentur, Immortalis in iis repente fiam Magnorumque epulis fruar Deorum. Sed tu munere parce, parce tali, Aut mecum dea fac, Neæra, fias : Non mensas sine te volo Deorum ; Non, si me rutilis præesse regnis, Excluso Jove, Dii deæque cogant.

(Basia, IV.)

Quand ton col de couleur de rose Se donne à mon embrassement, Et ton œil languist doulcement D’une paupiere à demy close, Mon ame se fond du desir Dont elle est ardentement pleine, Et ne peult souffrir à grand’peine La force d’un si grand plaisir. Puis quand j’approche de la tienne Ma lèvre, et que si pres je suis Que la fleur recueillir je puis De ton haleine ambrosienne : Quand le souspir de ces odeurs, Ou noz deux langues qui se jouënt, Moitement folastrent et nouënt, Evente ces doulces ardeurs, Il me semble estre assis à table Avec les Dieux, tant suis heureux, Et boire à longs traicts savoureux Leur doulx breuvage delectable. Si le bien qui au plus grand bien Est plus prochain, prendre on me laisse, Pourquoy ne permets-tu, maistresse, Qu’encores le plus grand soit mien ? As-tu peur que la jouissance D’un si grand heur me face Dieu Et que sans toy je vole au lieu D’éternelle rejouissance ? Belle, n’aye peur de cela, Partout ou sera ta demeure, Mon ciel, jusqu’à tant que je meure, Et mon paradis sera là.

Poème XXVI

[19]

Lesbie : maîtresse de Catulle.

Délie : maîtresse de Tibulle.

Corinne : maîtresse d’Ovide.

Cynthie : maîtresse de Properce.

Lycoris : maîtresse de Gallus.

Stella : maîtresse de J.-J. Pontano.

Nina : maîtresse d’Actius Sincerus Sannazar.

Néère : maîtresse de Marulle.

Laure : maîtresse de Pétrarque.

Candide : maîtresse de Th. de Bèze.

Gelonis : maîtresse de Salmon Macrin.

Cassandre : maîtresse de Ronsard.

Pasithée : maîtresse de Pontus de Thyard.

Melline : maîtresse de Baïf.

Olive : maîtresse de J. du Bellay.

On remarquera que dans ce poëme, à un moment où il subit l’influence de Jean Second, Joachim du Bellay ne nomme pas celui qui fut évidemment un de ses maîtres en poésie latine. Est-ce coquetterie ? Il nomme Néère, qui fut chantée par Jean Second dans le Livre des Baisers, et l’on s’attend que, dans sa liste des poètes, il cite un tout autre poëte que Marulle, lequel chanta bien aussi une Néère et fut d’ailleurs à juste titre un des plus réputés des poètes néo-latins. Pourquoi Joachim du Bellay escamote-t-il Jean Second ?

Appendice I. — Poème 2

[20]

Nam castum esse decet pium poetam Ipsum, versiculos nihil necesse est.

Ces deux vers sont en effet de Catulle : poème XVI, à Aurélius et Rufus, vers 5 et 6.

Appendice I. — Poème 3

Appendice II. — Patriæ desiderium

I

Quiconques (mon Bailleul) fait longuement séjour Soubs un ciel incogneu, et quiconques endure D’aller de port en port cherchant son adventure, Et peult vivre estranger dessoubs un autre jour : Qui peult mettre en oubly de ses parents l’amour, L’amour de sa maistresse, et l’amour que nature Nous fait porter au lieu de nostre nourriture, Et voyage tousjours sans penser au retour : Il est fils d’un rocher ou d’une ourse cruelle, Et digne qui jadis ait succé la mamelle D’une tygre inhumaine : encor ne void-on point Que les fiers animaux en leurs forts ne retournent, Et ceulx qui parmy nous domestiques séjournent, Tousjours de la maison le doulx desir les poingt.

(Les Regrets, sonnet XXX.)

II

Ce pendant que tu dis ta Cassandre divine, Les louanges du Roy, et l’héritier d’Hector, Et ce Montmorancy, nostre François Nestor, Et que de sa faveur Henry t’estime digne, Je me pourmene seul sur la rive Latine, La France regrettant, et regrettant encor Mes antiques amis, mon plus riche tresor, Et le plaisant séjour de ma terre Angevine. Je regrette les bois, et les champs blondissans, Les vignes, les jardins, et les prez verdissans, Que mon fleuve traverse : icy pour recompense Ne voyant que l’orgueil de ces monceaux pierreux, Ou me tient attaché d’un espoir malheureux Ce que possede moins celuy qui plus y pense.

(Les Regrets, sonnet XIX.)

III

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d’usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son aage ! Quand revoiray-je, helas, de mon petit village Fumer la cheminée, et en quelle saison Revoiray-je le clos de ma pauvre maison, Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ? Plus me plaist le séjour qu’ont basty mes ayeux, Que des palais Romains le front audacieux : Plus que le marbre dur me plaist l’ardoise fine, Plus mon Loyre Gaulois que le Tybre Latin, Plus mon petit Lyré que le mont Palatin, Et plus que l’air marin la doulceur Angevine.

(Les Regrets, sonnet XXXI.)

IV

Las, ou est maintenant ce mespris de Fortune ? Ou est ce cœur vainqueur de toute adversité, Cest honneste desir de l’immortalité, Et ceste honneste flamme au peuple non commune ? Ou sont ces doulx plaisirs, qu’au soir soubs la nuict brune Les Muses me donnoient, alors qu’en liberté Dessus le verd tapy d’un rivage esquarté Je les menois danser aux rayons de la Lune ? Maintenant la Fortune est maistresse de moy, Et mon cœur, qui souloit estre maistre de soy, Est serf de mille maux et regrets qui m’ennuyent. De la postérité je n’ay plus de souci, Ceste divine ardeur, je ne l’ay plus aussi, Et les Muses de moy, comme estranges, s’enfuyent.

(Les Regrets, sonnet VI.)

V

Ce n’est le fleuve Thusque au superbe rivage, Ce n’est l’air des Latins, ny le mont Palatin, Qui ores (mon Ronsard) me fait parler Latin, Changeant à l’estranger mon naturel langage. C’est l’ennuy de me voir trois ans et d’avantage, Ainsi qu’un Prométhé, cloué sur l’Aventin, Ou l’espoir misérable et mon cruel destin, Non le joug amoureux, me detient en servage. Et quoy (Ronsard) et quoy, si au bord estranger Ovide osa sa langue en barbare changer Afin d’estre entendu, qui me pourra reprendre D’un change plus heureux ? nul, puis que le François, Quoy qu’au Grec et Romain egalé tu te sois, Au rivage Latin ne se peult faire entendre.

(Les Regrets, sonnet X.)

VI

Ce pendant que la court mes ouvrages lisoit, Et que la sœur du Roy, l’unique Marguerite, Me faisant plus d’honneur que n’estoit mon merite, De son bel œil divin mes vers favorisoit, Une fureur d’esprit au ciel me conduisoit D’une aile qui la mort et les siècles evite, Et le docte troppeau qui sur Parnasse habite, De son feu plus divin mon ardeur attisoit. Ores je suis muet, comme on void la Prophete, Ne sentant plus le Dieu qui la tenoit sujette, Perdre soudainement la fureur et la voix. Et qui ne prend plaisir qu’un Prince luy commande ? L’honneur nourrit les arts, et la Muse demande Le theatre du peuple et la faveur des Roys.

(Les Regrets, sonnet VII.)

Appendice III. — Tumulus romæ veteris

De cette élégie latine, il faut rapprocher le sonnet suivant, des Antiquités de Rome (sonnet IV) :

Celle qui de son chef les estoilles passoit, Et d’un pied sur Thetis, l’autre dessus l’Aurore, D’une main sur la Scythe, et l’autre sur le More, De la terre et du ciel la rondeur compassoit, Juppiter ayant peur, si plus elle croissoit, Que l’orgueil des Geans se relevast encore, L’accabla sous ces monts, ces sept monts qui sont ore Tumbeaux de la grandeur qui le ciel menassoit. Il luy meist sur le chef la croppe Saturnale, Puis dessus l’estomac assist la Quirinale, Sur le ventre il planta l’antique Palatin, Mist sur la dextre main la hauteur Celienne, Sur la senestre assist l’eschine Exquilienne, Viminal sur un pied, sur l’autre l’Aventin.

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