Note 6 — BRÈVES ÉTAPES DU VOYAGEUR ÉCLOPÉ
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Je trouve, dans le beau livre du Père Lhande, Huit fresques de Saints (librairie de l’Art catholique), un commentaire remarquable de cette expression : « ange debout ». Au début du chapitre qu’il consacre à saint Thomas d’Aquin, le Père écrit : « Le Florentin sublime qui nous montre au premier chant de son Paradis, Béatrix « les yeux dans le soleil », a conçu pour glorifier son « buon frate Tommaso » une apothéose supérieure à celle dont il a nimbé l’image de l’Aimée. Dans son poème, en effet, l’Aquinate ne se borne pas à fixer l’astre éblouissant « comme jamais aigle ne le fixa », mais ce foyer « au delà duquel il n’est œil qui plonge », devient son domaine souverain et son trône de gloire. Le soleil, Thomas d’Aquin y réside, y siège et y enseigne. Cette conception, d’une hardiesse et d’une beauté inégalables, pour exalter l’Ange de l’École et le Messager inspiré du Saint-Sacrement, fut-elle suggérée à Dante par la vision où saint Jean évoque « un Ange debout dans le soleil » et conviant « d’une forte voix » à la grande Cène de Dieu tous les oiseaux qui volent en plein ciel ? On ne sait. Toujours est-il que les figures offrent une singulière analogie. Fidèles interprètes de la pensée de Dante, presque tous les artistes du moyen âge ont uni à l’image du Docteur angélique l’attribut symbolique du soleil. »