Note 13 — BRÈVES ÉTAPES DU VOYAGEUR ÉCLOPÉ (continued 2)
Reading edition
Depuis que j’ai écrit sur Claudel le jugement qu’on a lu plus haut, un livre m’est tombé sous les yeux : Le Roman de l’Alsace, par Raymond Postal (Éditions de la vraie France), où j’ai trouvé une confirmation bien significative de l’impression « germanique » produite sur les esprits nourris de clarté latine, par l’auteur de Tête d’or. M. Postal écrit qu’il rencontra à Strasbourg un Jésuite d’origine alsacienne et il ajoute : « Ce religieux vint à me dire qu’il attribuait à la part allemande de sa formation l’aisance avec laquelle son esprit avait donné audience à l’œuvre de Paul Claudel. Il n’est pas douteux que celle-ci, qui nous choque par la nature même de sa substance poétique, n’est pas sans apparaître aux Français sous un aspect d’un ésotérisme déconcertant : Notre interlocuteur devait à sa culture bilingue d’y pouvoir entrer de plein-pied. » Cela revient à dire que pour bien comprendre Claudel, il faut savoir l’allemand. C’est fâcheux !