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Le théâtre japonais

Acte Ier

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Premier tableau: Devant le temple de Mano Miyojin, dans l'Oshu.

Un petit daïmyo8 ouvre un concours d'escrime en l'honneur du dieu. Le président est un fidèle keraï9 nommé Hanagaki.–Nombreuse et brillante réunion; personnages richement vêtus.–Asama, c'est le nom du daïmyo, s'y rend en grande pompe et avec un nombreux cortège. Il est accompagné par Hanagaki.–Procession.–Arrivée devant le temple.–Le concours a lieu sur la piste.–Suite de combats.–En dernier lieu, Yakuro10 et Hanagaki se mesurent. Yakuro n'est pas en veine ce jour-là; il va être battu. Pourtant Hanagaki, qui a la faveur du maître, n'est pas sympathique au public. On voudrait l'humilier. Asoheï11 excite la voix son patron Hanagaki. Mais au moment décisif, les combattants sont séparés. Yakuro, malgré sa défaite assurée, se donne des airs de vainqueur. Il est traité de lâche et de vantard par Asoheï qui va se précipiter sur lui quand le daïmyo l'arrête en disant qu'il a vu et sait à qui attribuer la victoire. On entre pour se reposer chez le prêtre du temple.

Deuxième tableau: Devant le temple Awabida mura jizo.–Il fait nuit.

Issaï, maître de thé du daïmyo, revient de la campagne où son maître a donné une fête. Il marche avec peine et précaution par un chemin de rizière. Au temple, il s'arrête pour se reposer. Subitement il se sent percé dans le côté. Il souffre. Sans distinguer qui lui a porté le coup, il aperçoit comme une ombre qui se dresse devant lui et lui enlève son argent. Il croit à un fantôme et veut le repousser en disant: «Qui es-tu?» Une éclaircie laisse voir un ronin12. Issaï veut reprendre son argent. Le ronin le frappe à coups redoublés et disparaît. Le ciel s'obscurcit de nouveau.–Arrivent les deux filles de Issaï qui, accompagnées par une servante, vont au-devant de leur père. Tout à coup, elles buttent contre quelque chose: c'est le corps du père. Elles lui prodiguent leurs soins en pleurant; il ouvre les yeux et reconnaît ses filles. Il leur raconte comment il a été frappé et les invite à le venger.–Il expire.–Ses filles vont chercher du secours au village.

Troisième tableau: Lit du fleuve Madori-Gawa13 ayant sa source au temple de Mano Miyojin14, dont il alimente la piscine d'ablutions.

Après le concours d'escrime, le daïmyo a distribué les récompenses. Au retour, on suit le cours du fleuve. Il a là des hommes qui errent, cherchant quelqu'un à dévaliser.–Une fille d'Issaï15,–on ne sait encore à ce moment qui est cette fille,–arrive à une pierre commémorative. Ces hommes l'entourent; ils veulent en abuser. Mais le daïmyo les a vus et s'est douté de la chose. Il lance ses gens au secours de la malheureuse. Les drôles s'enfuient.–La jeune fille plaît au daïmyo. Elle raconte qu'elle cherche ses parents dont elle a été séparée depuis l'âge de cinq ans. Ses parents d'emprunt sont morts. Elle voyage pour se distraire et comme but elle suit la piste de ses parents qui, lui a-t-on dit, habitent en ces lieux.–«Le jour je marche, dit-elle; la nuit, je couche dans les bois.»–Yakuro comprend le désir du daïmyo et conduit la jeune fille au palais.

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