SCENE IX.
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NICANOR, ELISE.
Nicanor.
Le Ciel me venge enfin, Et met entre mes mains ta vie & ton Destin. Des-honneur de ton sang, Peste de ta Patrie, De mon lâche Amintas la basse idolatrie, Ne s'opposera plus à ma juste fureur, Et je te confondray dans mon dernier malheur.
Elise.
Acheve! est-ce à moy, lâche, à t'en donner l'audace, Qu'attends-tu! que mon coeur s'effraye à ta menace? Il est trop dés long-temps aux maux accoustumé, Pour avoir peur de toy, ny de ton bras armé, Frappe-donc, vieux Tyran, immole ta victime; Haste les chastimens que merite ton crime. Sois ingrat à ton frere, & perfide à ton Roy, Sois Nicanor enfin; mais méchant, haste-toy; D'un vengeur offencé crains la juste cholere.
Nicanor.
Qu'il vienne à ton secours, qu'il vienne ton Corsaire, Il ne manque plus rien à mon ressentiment, Que de t'oster la vie aux yeux de cét Amant. Il te verra perir au plus fort de ta joye. Mon ame à ce penser dans le plaisir se noye, Et si j'ay differé de te faire mourir, C'est pour plaire à ma haine, & te faire souffrir.
Elise.
Et moy pour te parler dans la mesme franchise, Je te hay beaucoup moins que je ne te méprise.
Nicanor.
Amante d'un Pirate, apres ta lâcheté, Peus-tu parler encore avec tant de fierté;
Elise.
Hé! qu'estoit donc tantost la tienne devenuë, Quand tu gardois Paphos, & que tu l'as perduë? Que faisoit ta valeur dans les murs de Paphos, Quand des Soldats sans Chef t'ont fait tourner le dos.