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Le moyen de parvenir, tome 3/3

Discours.

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XVII. Plotin. Ho! compere, que vous allez vîte! Comme vous dépêchez tout!

Godefroi. Je ne vais pas si vîte que le plumacier de l'univers.

Ciceron. Quel diable de nouveau mot est ceci? Qui est ce plumacier?

Plotin. C'est celui qui pose les panaches sur les têtes des hommes de l'univers.

Pogge. Je gage qu'il veut parler de cornage.

Plotin. Tu l'as trouvé; qu'il te puisse accompagner comme accident indélébile!

Asclepiades. Comment est-ce qu'il va si-tôt?

Plotin. O cher compere de toute la fressure, je te le dirai! Sache, toi qui as belle & jeune femme; sache, mon tendre & jovial petit belleau, mon petit prêteur de franches repues, que, si tu étois au Grand-Caire, & que ta femme tant poupine fût à Paris, & que de son consentement, me faisant ouverture de ses bonnes graces, elle me laissât entrer à elle, je n'aurois pas si-tôt mis mon V, I, T, pied, dans son C, O, N, pantoufle, que l'admirable, grand & révéré cocuage ne fût, en un instant, au Grand-Caire, à te frétiller avant la tête, pour te réjouir du beau petit plumage d'amourettes.

Planudes. Triste garçon à demi vieil que tu es, je t'assure que ta journée n'y monteroit gueres. Tu es de ceux auxquels on peut dire: depuis que la couille passe le vit; adieu vous dis.

Bionon. Paix, de par tous les diables, taisez-vous, ou je vous couperai le cou, comme je fis un jour à un roi qui chioit. Achevez le discours de ce conseiller, & meshui ne vous interromprai; ou j'abomine, je contamine, je précipite, je diable, je trente mille: a, ha! je ne le dirai pas: faites votre devoir.

Godefroi. Parlez-vous de ce conseiller de la prévôté, lequel le pere le présentant à messieurs, demandant séance pour lui, leur dit: messieurs, mon fils n'a point de science, il vous plaira lui en donner. (Un gâta tout. Non, dit-il, c'est de celui qui se faisoit recevoir à la cour, qui est tant bonne & douce, la bonne dame, qu'elle ne reçoit, ou n'a reçu, ou ne recevra, de peur de faillir, je ne le dirai pas; en voilà qui me veulent faire dire des ânes, je n'en ferai rien.) Ainsi que messieurs interrogeoient ce bon personnage déja âgé, ils l'incitoient à répondre; & il ne savoit, d'autant qu'il n'entendoit pas ce qu'ils disoient. (S'il eût été encore comme moi, qui plaidant ma premiere cause, je dis à ces messieurs-là beaucoup de choses que je n'entendois pas, ni eux aussi, ce qui m'apporta une belle dayée de réputaison.) Ce personnage écoutoit; puis, comme revenu de bien en songerie, dit: messieurs, je n'ai pas accoutumé ce ménage ainsi que vous dites. Bien je ne sais rien, il est vrai; mais j'ai un fils qui est bien savant, qui répondra pour moi, comme mon compere le sieur Basgrand a répondu de l'argent que je dois de mon office. Par dépit qu'il ne put être reçu, si-tôt que sa femme fut morte, il récompensa une prébende, & fut official.

L'autre. Ce fut à lui, auquel Menaud, notre métayer fit une jolie réponse. On agissoit devant lui d'une cause de fouculterie; & Menaud étoit appellé à témoin, pour dire que le garçon eût eu habitation de concupiscence charnelle avec cette fille. Ainsi que Menaud fut entré, il dit: j'y étois, & ce que je vous dis est vrai, monsieur l'official. Dieu me doint bonne vie & longue! on m'a dit que vous me demandiez. L'official lui dit: & bien, mon ami, dites vrai. Avez-vous vu que ce gars ait envahi cette fille? Avez-vous vu qu'il l'ait travaillée? Monsieur l'official, je n'en saurois que dire; je suis votre serviteur. Là, mon ami, dites; je suis le vôtre. A, a! monsieur, il suffit, si vous me faites plaisir. Dites donc, mon ami, dites. Et bien, monsieur l'official, je vous dirai: j'ai vu quatre fesses & deux culs; mais je n'ai point vu de vit; je crois que le larron de con l'avoit en la goule.

Sapho. Hé gai, voilà de beaux contes à dire devant des gens d'église. Aussi

Je suis si aise quand je cous, Si pour un C. je mets une F, Qu'il m'est avis, à tous les coups, Que j'ente une mignonne greffe.

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