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Le livre des singularités

Note 9 — SECOND OBJET.

Reading edition

Le passage suivant de Boaistuau peut s'appliquer ici, et supplée d'ailleurs à ce qui manque dans celui de notre poète:

«Quelle excellence et beauté y a-t-il en la tête de cet animal (l'homme), qui est la tour et rempart de raison et sapience, de laquelle comme d'une fontaine issent (sortent) les diverses opérations des sens.... Qui ne s'esmerveillera de la mémoire, laquelle est le greffier qui toujours demeure au dedans de la tour, laquelle garde et retient les choses qui passent soudainement...., pour s'en servir, peu après, lorsque par un souvenir elle raconte ce que de longtemps elle a conçu et amassé....»

Nous demandons à M. Boaistuau la permission d'ajouter à cette note, que les philosophes tant anciens que modernes n'ont jamais été d'accord sur la définition de l'homme. L'un l'a qualifié de bipède sans plumes; l'autre l'appelle un animal parlant; celui-ci un animal raisonnable; celui-là un animal qui s'habille; cet autre un animal qui fait du feu; enfin un anglais le nomme un animal cuisinier, parce que Burke a dit: «Il faut de la raison pour faire cuire un œuf.» Pour nous, nous préférons cette définition: l'homme est un animal qui plante et qui récolte; en effet, l'homme seul a pu sentir la nécessité de ces deux opérations, d'où découlèrent primitivement l'idée de propriété et le principe de l'ordre social. Cuique suum.

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