Note 18 — SECOND OBJET.
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Le prosateur Boaistuau ne parle que des lèvres et de la langue:
«Mais par quelle merveilleuse ordonnance sont entretaillées les lèvres, lesquelles auparavant semblaient liées et conjointes l'une à l'autre! Au-dedans d'elles la langue est enclose, laquelle par ses mouvements convertit la voix en paroles, interprète et donne à entendre l'intention de l'esprit. Mais qui ne s'émerveillera de ce petit morceau de chair, lequel n'a pas trois doigts de largeur, et qui est presque le plus petit membre de l'homme! et toutefois il loue Dieu et donne à entendre les beautez et perfections de ce que Dieu a créé. Il dispute du ciel, de la terre et de ce qui est contenu ès quatre éléments.
»Néanmoins elle ne peut seule accomplir l'office du parler, si elle n'est aidée des dents, ce qui nous est manifesté par les enfants, lesquels plus tost ne commencent à parler qu'ils n'ayent les dents; et les vieillards, après qu'ils les ont perdues, beguayent et ne peuvent former leur parole, en sorte qu'il semble qu'ils soient retournés en enfance.»
Comme notre poète n'a nullement fait mention du menton, il est bon de recourir à notre prosateur, qui s'en exprime ainsi:
«Outre, comme dit Lactance, Dieu a créé le menton et décoré d'une tant honnête forme, et l'a enrichi de barbe, laquelle est comme un truchement pour nous faire connoistre la maturité des corps, la différence du sexe, et ornement de la virilité et force.»