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Le livre des singularités

Note 124 — HUITIÈME OBJET.

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Cependant, si l'on pouvait ajouter quelque foi à une anecdote rapportée dans les journaux anglais et français du mois de juin 1837, il aurait existé de cette princesse un portrait qui devait, à raison du talent de son auteur, avoir tous les caractères de la ressemblance, voici l'anecdote:

«On vient (en 1837) de retrouver dans la maison d'un gentilhomme des environs d'Exeter, une peinture extrêmement curieuse: c'est le portrait en miniature de la reine Elisabeth par Hans Holbein, devant lequel cette Reine posa pour ce portrait, faveur qu'elle n'accorda jamais à aucun peintre.»

Sans révoquer en doute l'existence de ce portrait, on peut assurer qu'Elisabeth, étant reine, n'a jamais posé devant Holbein pour se faire peindre, car elle est montée sur le trône en 1558, et Jean Holbein était mort dès 1554; à cette dernière époque elle avait vingt-un ans. Comme son portrait n'était sans doute pas la dernière œuvre d'Holbein, il est présumable qu'elle a été peinte dans un âge moins avancé. Bien plus, si ce portrait a été commandé par Henri VIII, père de la princesse, et aux gages duquel était Holbein, alors le portrait aurait été fait avant 1547, époque de la mort du Roi, et Elisabeth aurait eu moins de quatorze ans.

Nous trouvons dans un journal français du 10 juillet 1837, la répétition de l'anecdote du portrait d'Elisabeth par Holbein, avec cette addition:

«Nous connaissons dans un château de Normandie un portrait en pied de la reine Elisabeth, donné par elle-même à François de Civile, envoyé de Henri IV. La tradition rapporte que ce portrait fort curieux a été peint d'après nature.»

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