Note 173 — DOUZIÈME OBJET.
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Rien n'est plus incertain que la date et le lieu de la mort de la Sainte Vierge. On prétend qu'elle termina ses jours à Ephèse où elle avait suivi S. Jean avec Marie-Madeleine. Eusèbe fixe sa mort à l'an 801 de R. (48 de l'ère chr.); Nicéphore assure formellement que la Vierge Marie est morte la cinquième année du règne de Néron, l'an 798 de R. (45 de J.-C.). Hippolyte de Thèbes pense qu'elle a cessé de vivre à l'âge de 66 ans, et l'Art de vérifier les dates est de cet avis. Mais d'autres, comme notre auteur, prolongent sa vie jusqu'à 72 ans.
L'impératrice Pulchérie ayant, en 453, demandé à Juvénal, patriarche de Jérusalem, le corps de la Sainte Vierge, s'il se trouvait encore, ce patriarche lui répondit que, selon la tradition, il n'existait plus sur terre, mais il lui envoya son cercueil avec les linges dans lesquels on avait enseveli ce précieux corps. Nicéphore, dans son Histoire ecclésiastique, liv. II, ch. 23, donne à cet égard des détails circonstanciés.
Mais si la terre est privée du corps de la Vierge Marie, il n'en est pas de même des reliques consistant en objets que l'on prétend lui avoir appartenu. On sait, dit Baillet, Vies des Saints, 15 août, combien il s'est trouvé de facilité à multiplier les reliques de la Sainte Vierge. En divers endroits, on a produit sa robe, sa ceinture, son voile, son écharpe, son manteau; ailleurs, on a fait voir son anneau nuptial, les fuseaux dont elle filait, des lacets, des peignes, des gants, des souliers et autres chaussures, des chemises; de plus on conserve précieusement un de ses cheveux, une petite fiole renfermant de son lait, etc., etc., etc. Tout cela inspire une louable vénération aux fidèles, mais la foi n'y est nullement intéressée.