Note 191 — DOUZIÈME OBJET.
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Ces plaisirs des cinq sens dont vient de parler l'auteur, ont quelque analogie avec ceux que le P. Henriquez, jésuite espagnol, aurait consignés dans son Traité des occupations des Saints dans le Ciel, ouvrage qui a paru en 1631, et qui a été approuvé par le P. Fr. de Prado, provincial de Castille à Salamanque. Voici un passage extrait du livre d'Henriquez, tel qu'on le trouve rapporté dans plusieurs ouvrages, et sur lequel je dirai mon opinion après la citation: l'auteur spécifie les joies du Paradis et assure positivement «qu'il y aura un souverain plaisir à embrasser les corps des Bienheureux; qu'ils se baigneront à la vue les uns des autres; qu'il y aura à cet effet des bains très-agréables où ils nageront comme des poissons; qu'ils chanteront aussi agréablement que les calandres et les rossignols; que les anges s'habilleront en femmes et qu'ils apparoîtront aux Saints en beaux vêtemens, les cheveux frisés, les jupes en vertugadins et du linge le plus fin; que les hommes et les femmes se réjouiront avec des mascarades, des festins et des ballets; que les femmes chanteront plus agréablement que les hommes, afin que le plaisir soit plus grand; qu'elles se pareront avec des rubans et des coiffures, comme en cette vie, ainsi que leurs petits mignons d'enfans; tout cela aura lieu avec un grand plaisir.....»
Il est présumable que ce tableau, assez singulier, est chargé et dénaturé, en haine des jésuites. Le premier ouvrage où on l'a consigné est la Morale pratique des Jésuites, 1669-1695, 8 vol. in-12, tom. I, pp. 273-274. Les deux premiers volumes de ce recueil sont de Séb. Jos. Ducambout de Pontchâteau, et les six derniers d'Antoine Arnauld, bons amis des jésuites, comme on sait. Le même extrait est dans le Dictionnaire de Bayle, tom. III, p. 732. On le trouve encore dans les Annales des Jésuites, Paris (Butard), 1764-1771, 5 vol. in-4o, fig. Voy. tom. III, p. 586. Ce volumineux recueil, qui n'est point terminé, est de l'abbé Emmanuel Robert de Philibert, dont le vrai nom est Jean-Ant. Gasaignes, mort à Paris en 1802. Il pensait comme les Pasquier, les Ducambout, les Arnauld, les La Chalotais, etc., sur la Société de Jésus. Enfin le passage en question se retrouve encore dans l'Histoire de François Ier, par Gaillard, Paris, 1819, 5 vol. in-8o. Voy. tom. IV, p. 108.