Note 1 — LE LIVRE COMMODE DES ADRESSES DE PARIS pour 1692
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Cette manufacture des glaces étoit rue de Reuilly, au coin du faubourg. On ne les y fabriquoit pas. Elles venoient toutes fondues de Tourlaville, près de Cherbourg, ou de St-Gobain ; on les y polissoit seulement par un procédé qu’avoit plus ou moins inventé le poëte Du Fresny, et dont il eut quelque temps le privilége exclusif. Le besoin d’argent le lui fit vendre à la société qui régissoit la manufacture. « La manufacture de glaces de la porte Saint-Antoine, dit Lister, Voyage à Paris, chap. V, mérite bien d’être vue, mais je regrettai que pour économiser sur le prix du bois on eût transporté la fonderie à Cherbourg en Normandie… On y emploie journellement six cents hommes, et on espère bientôt avoir de l’ouvrage pour mille. A l’étage inférieur, on passe les glaces brutes au grès pulvérisé… Dans les étages supérieurs, où l’on donne le poli et la dernière main, les ouvriers sont disposés sur trois rangs, deux hommes pour chaque glace qu’ils passent à la sanguine détrempée dans de l’eau. On les met ensuite dans de la potée blanche sur des tables de pierre. » — Quant aux glaces de sept pieds de haut, dont parle ici Blegny, Lister n’en dément pas la dimension : « J’ai vu, dit-il, toute étamée et achevée, une glace de quatre-vingt-huit pouces sur quarante-huit, et d’un quart seulement d’épaisseur. »