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Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2

Note 5 — LE LIVRE COMMODE DES ADRESSES DE PARIS pour 1692

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Le sucre du raffinage de Rouen, fait avec le produit de nos îles d’Amérique, étoit de ceux qui ne payoient pas de droits de sortie. On en consommoit à Paris beaucoup de cette provenance, comme on le verra plus loin. — Le sucre entroit pour une très-grande part dans le commerce des épiciers. Les apothicaires, communauté qui leur touchoit de très-près, le leur avoient, nous l’avons vu (t. I, p. 164), fort longtemps disputé, comme une sorte de monopole, dont ils pouvoient seuls disposer. Ils avoient pour eux le proverbe : « On ne prend pas un apothicaire sans sucre », mais cela ne suffisoit pas. Il falloit un privilége. Ce fut à qui l’auroit des deux corporations. Un arrêt de la Cour, du 27 novembre 1652, attribua aux épiciers le droit exclusif des confitures, sirops « restant des dites confitures », dragées, etc. Ce ne fut pas assez. Ces sucreries n’étoient pas le sucre, auquel prétendoit si ardemment l’épicerie. Il y eut un procès, dont Gui Patin a parlé (anc. édit., t. I, p. 38 ; II, 134). Les épiciers l’emportèrent. Nous trouvons, en effet, dans un arrêt du 1er septembre 1689 : « Défense à autres que marchands épiciers de vendre aucun poivre, sucre, clous de giroffle, savon, huile, muscade, etc., à peine de confiscation, et cinq cents francs d’amende. » La querelle, apaisée à Paris, ne le fut pas en province. Un siècle après, par exemple, nous l’avons dit aussi, t. I, p. 164, elle s’étoit réveillée entre les apothicaires et les épiciers de Chartres. — Les épiciers de Paris faisoient un tel commerce de sucre, pour l’exportation, que le naufrage d’un navire venant de Rouen en fit perdre à l’un d’eux pour 8000 livres, à la fin de 1660. (V. Loret, t. III, p. 295.)

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