Note 1 — LE LIVRE COMMODE DES ADRESSES DE PARIS pour 1692
Reading edition
Ces perruques, dont la forme fut longtemps en vogue, s’appeloient, à cause de lui, des binettes, ou perruques-binettes, comme dit Salgues dans un curieux chapitre de son livre : Paris, 1813, in-8, p. 352. Le mot se conserva dans le peuple, qui, de la perruque, finit par l’appliquer à la tête. Le mot tintamarresque « une binette » vient de là. — Le Roi avoit tout un cabinet de perruques, séparé de sa chambre par la salle du Conseil, et qu’on appeloit soit cabinet des perruques, soit cabinet des Termes. Il étoit, en effet, garni tout autour de Termes ayant chacun une perruque sur la tête. Les formes varioient suivant que le Roi alloit à la chasse, recevoit les ambassadeurs, ou restoit dans ses appartements. Binet, qui avoit soin de cette singulière collection, quittoit rarement la Cour. Il comptoit parmi les cent cinq personnes, distribuées en cinq tables, qui avoient droit de manger chez le Roi, et qui, à ce titre, comme nous l’avons vu dans le manuscrit que possédoit Techener : État et menu des dépenses pour 1705, recevoient chacune un chapon. La consommation de cheveux choisis qu’exigeoient les perruques royales étoit considérable. Binet n’y épargnoit rien : « Je pélerois, disoit-il, toutes les têtes du Royaume, pour parer celle de Sa Majesté. » Son fils François Binet eut en survivance sa charge de premier barbier, et sa fille épousa, en 1720, le fils de Quentin, un des barbiers ordinaires. (Mercure, mai 1720, p. 172.) C’est Quentin qui, avec Binet, avoit la garde des perruques du Roi, et lui donnoit celle du lever plus courte que les ordinaires.