Note 29 — LE LIVRE COMMODE
Reading edition
Ces boîtes étoient toujours très-soignées, aussi disoit-on proverbialement : propre comme une boîte d’apothicaire. C’est ce qu’au temps de Rabelais on appeloit des Silènes : « Silenes estoyent, dit-il (Liv. I, prologue), petites boytes, telles que voyons de présent ès bouticques des apothecaires, paintes au dessus de figures joyeuses et frivoles, comme des harpyes, satires, oysons bridez, lièvres cornuz, canes bastées… et aultres telles painctures contrefaictes à plaisir pour exciter le monde à rire… mais au dedans, l’on reservoit ces fines drogues, comme baulme, ambre gris, amomon, muscq, zivette… » Silènes passoient aussi pour boîtes à secret. Erasme se servit du mot dans ce sens, lorsqu’il fit, en 1527, son petit livre les Silènes d’Alcibiade. (V. le Bulletin du bibliophile, 1857, p. 152.)