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Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 1/2

Note 21 — LE LIVRE COMMODE

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Les gens « vertueux et recommandables », dont parle ici Blegny, sont lui-même et ses pareils, les charlatans, que Bernier malmène d’importance dans son XIIIe chapitre : Des charlatans prétendus médecins, et des médecins charlatans. « Quant à nos empiriques, y dit-il par exemple, ce ne sont ordinairement… que des banqueroutiers, des gens ruinez ou saisis, des fugitifs, des téméraires : au moins des gens sans étude, sans principes, sans caractère. » Parmi tous ces gens, pour se reconnoître, Blegny n’avoit que l’embarras du choix, et son imprudence fut de vouloir se venger de l’attaque par l’ironique riposte qu’on lit ici, et qui lui valut de plus directes représailles. Dans l’Anti-Menagiana, publié en 1693, Bernier, qui ne l’avoit pas nommé dans ses Essais, le nomme sans pitié, et cela dès sa préface, p. 16, où, parlant de son almanach et des ennuis qu’il lui avoit attirés, il dit : « l’auteur en est Blegny, le bastillé et le bastillable. » Ailleurs, p. 118, il y revient dans une attaque contre Ménage et ses assemblées du cloître Notre-Dame, « qui, dit-il, ne sont plus guères célèbres que dans l’Almanach des adresses d’Abraham Du Pradel. » Plus loin, p. 230-231, autre attaque encore contre l’homme et son livre. Blegny, comme on voit, n’avoit gagné à se défendre que des horions nouveaux.

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