Note 9 — LE LIVRE COMMODE
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C’est ce terrible avocat Billard, qui fit tant de bruit pour empêcher les Comédiens, que le voisinage du collége Mazarin faisoit chasser du théâtre Guénegaud — aujourd’hui passage du Pont-Neuf — de venir s’installer dans la rue de Savoie. Louvois leur étoit favorable, car, ainsi qu’on l’apprend par une lettre de Racine à Boileau, il s’étoit même fait donner le plan du lieu « où ils vouloient bâtir dans la rue de Savoie » ; mais Billard, avec ses cris, l’emporta, à la grande joie de son quartier, du reste : « Tous les Bourgeois, dit encore Racine, trouvent fort étrange qu’on vienne leur embarrasser leur rue. M. Billard surtout qui se trouveroit vis-à-vis de la porte du parterre, crie fort haut ; et, quand on lui a voulu dire qu’il en auroit plus de commodité pour s’aller divertir, il a répondu fort tragiquement : « Je ne veux point me divertir. » — Il avoit de la réputation. Une de ses causes les plus brillantes avoit été, en 1675, celle d’une servante, épousée par le fils du riche marchand de la Herse d’Or, au faubourg Saint-Germain, dont on vouloit faire casser le mariage. (Journal des Audiences, t. III, p. 70.)