Note 7 — LE LIVRE COMMODE
Reading edition
Hennequin de Charmont, qui logeoit au cloître chez son frère, chanoine de Notre-Dame et conseiller au Parlement. C’est à lui qu’étoit arrivée cette peu honorable aventure du testament de Mme Valentin, dont il fut fait un conte, attribué à La Fontaine, publié avec plus de vraisemblance dans les Œuvres de Régnier Desmarets, et qui se trouve aussi avec de très-curieuses notes dans le chansonnier Maurepas, t. VII, p. 137-142 : Mme Valentin, près de mourir sans enfant, et voulant laisser à son mari tout ce qu’elle possédoit, fit en faveur d’Hennequin, leur ami, un testament qui n’étoit qu’un fidéi-commis impliquant, sans doute possible, restitution au mari. Hennequin ne l’entendit pas ainsi ; il se mit en grand deuil comme héritier sérieux, et se hâta de mettre la main sur le bien. Le coup par bonheur étoit prévu. Un second testament, qui annuloit le premier, fut produit à temps en faveur du conseiller des aides, Jérome Bragelogne, un autre ami, mais plus honnête et plus fidèle, qui rendit l’héritage, comme l’avoit voulu la testatrice. « Hennequin, dit une des notes du chansonnier Maurepas, fut déshonoré et vilipendé partout. » La Bruyère a fait une allusion directe à cette affaire dans les Caractères 59 et 60 de son chapitre de Quelques usages.