Note 9 — LE LIVRE COMMODE (continued 2)
Reading edition
Ces petites oranges, que nous appelons aujourd’hui des mandarines, étoient alors fort recherchées. Il n’y avoit qu’un demi-siècle que la culture en avoit commencé en Portugal, d’où elles nous venoient. C’est à cause de leur prix que, dans l’Avare, voulant mettre hors de lui son père Harpagon, Cléante lui propose pour sa collation des plateaux entiers d’oranges de la Chine. Tout ce genre de fruits étoit, du reste, à la mode, parce qu’il n’étoit pas à la portée de tout le monde : « les oranges et les citrons, dit la lettre italienne déjà citée, tiennent le premier rang entre les choses qui se vendent cher, parce qu’elles viennent d’Italie et de Portugal, et ils sont plus estimez que les autres fruits : telle est l’inclination de l’homme, qui ne trouve bon que ce qui coûte beaucoup. »