Note 19 — LE LIVRE COMMODE (continued 2)
Reading edition
Il est singulier que Blegny n’ait cité ici que ce « marager » de la barrière des Incurables ou de Sèvres. Dans les faubourgs Saint-Antoine et Saint-Martin, où affluoient les fleuristes, ils étoient, eux aussi, en nombre, et cela depuis longtemps. Dans les Registres criminels du Châtelet (1389-1392), il est parlé, t. II, p. 252 et 522, des marais qu’ils cultivoient et des gardes qui les préservoient contre les maraudeurs. Charles V avoit protégé cette culture de la banlieue parisienne, et il en existe des preuves chez quelques descendants de ceux qu’il avoit privilégiés : « On conserve, dit M. A. Ysabeau dans un article reproduit par le Salon littéraire du 21 août 1843, p. 12, on conserve avec soin dans plusieurs familles de maraîchers — les Dulac, Deberg et autres — des chartes de Charles V, concédant aux ancêtres de ces familles des marais, à la condition de les dessécher pour les convertir en jardins. Depuis cinq siècles, les familles désignées sur ces chartes n’ont pas cessé d’exercer de père en fils, sans interruption, la profession de jardinier. »