Note 18 — LE LIVRE COMMODE (continued 2)
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C’est-à-dire les chiens de chambre ou de manchon. Les plus à la mode étoient encore à ce moment, quoique déjà un peu en baisse, comme on le verra plus loin, les chiens de Bologne, sorte de carlins, qu’on frottoit aussitôt nés d’esprit de vin à toutes les jointures pour les empêcher de croître. Ils se vendoient quelquefois fort cher. Tallemant (édit. P. Paris, t. III, p. 304) raconte qu’un extravagant d’italien, nommé Promontorio, en offrit un à la princesse Marie de Mantoue, pour cinquante pistoles à payer quand elle serait reine. Elle accepta, et dix-huit mois après devint, contre toute apparence jusque-là, reine de Pologne. On comprend qu’elle paya alors gaîment les cinquante pistoles. L’espèce des chiens de Bologne s’est perdue, même à Bologne. (Valery, l’Italie confortable, p. 78-80.) Sur la fin du règne de Louis XIV, les chiens Burgos commençoient à les remplacer. Ils préludoient à la mode des chiens d’Espagne, ou épagneuls, qui date de la Régence. Entre eux et les bolonois s’étoient un instant glissés les chiens loups : « On ne carresse plus, lisons-nous dans la Lettre italienne déjà citée, que ceux qui ont le museau de loup et les oreilles coupées, et plus ils sont difformes, plus ils sont honorés de baisers et d’embrassements. »