← Table of contents
Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 1/2

Note 6 — LE LIVRE COMMODE (continued 2)

Reading edition

C’étoit encore un des illustres des galeries. Voici son nom complet : Pierre Le Tessier de Montarsy. Il se qualifioit « joaillier ordinaire du Roi », puis, quand son père, qui étoit « garde des pierreries de la Couronne », fut mort, il prit le même titre, mais en le partageant avec le président Du Metz. C’est lui qui, en 1697, fut chargé de constater à la Sainte-Chapelle, sur le reliquaire de la couronne d’épines, la soustraction que Henri III y avoit fait faire de plusieurs rubis des plus précieux. (Morand, Hist. de la Sainte-Chapelle, p. 199-200.) Montarsy, avant de figurer ici au premier rang des joailliers, auroit pu être classé parmi les curieux : « Il a, dit G. Brice, une très-belle galerie remplie de tableaux des plus grands maîtres, de bronzes, de bijoux précieux, de porcelaines rares, de vases de cristal de roche, et de mille curiositez d’un goût exquis et d’un prix très-considérable. Ces belles choses sont dans sa maison, située à l’extrémité du cul-de-sac de Saint-Thomas du Louvre. » C’est chez lui qu’on se fournissoit des boîtes à portrait du Roi : « Je m’adresse à vous, lui écrit Phélypeaux, le 10 oct. 1694, ne sachant si M. Du Metz est à Paris, pour vous dire de m’envoyer le plutôt qu’il se pourra une boëtte à portrait de huit cents ou mille escus. Il faut que le portrait du Roy soit d’émail, en relief, de la façon du Suédois, en cas que vous en ayez un prêt. » Jal, à qui nous devons de connoître cette lettre, se demande quel peut-être ce peintre suédois. C’est, sans aucun doute, Kleintgel ou Klingstet, qui étoit déjà célèbre alors à Paris pour ses miniatures.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings