Note 21 — LE LIVRE COMMODE (continued 2)
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Evérard Jabach, banquier de Cologne, établi en France, où il devint directeur de la compagnie des Indes orientales, et l’un des maîtres de la curiosité. Il a déjà été parlé de lui, p. 109, note 11. Ses acquisitions à Londres, après la mort de Charles Ier, furent considérables selon Mariette. Il eut dès lors, tant comme peintures et dessins, que comme marbres et bronzes, le plus riche cabinet de Paris. La gêne vint par la prodigalité. Jabach dut vendre à Mazarin l’admirable série de ses Corrège, qui, plus tard, passèrent au Roi, et sont maintenant au Louvre. Puis, la ruine à peu près complète ayant suivi, il fallut céder la collection entière : 101 tableaux et 5,542 dessins. Le roi offrit 200,000 livres, et, au mois de mars 1671, marché fut conclu. Jabach garda quelques dessins, dont il ne put s’empêcher de faire le fonds d’une collection nouvelle que vendit son petit-fils. Il avoit aussi conservé quelques tableaux, entre autres celui où Lebrun, qui s’y étoit peint lui-même, l’avoit représenté avec sa femme et ses enfants. Il fut vendu à Cologne, en février 1787. — L’hôtel de Jabach, rue Neuve-Saint-Merry, existe encore en partie ainsi que le passage qui le fait communiquer avec la rue Saint-Martin. Bullet en avoit été le principal architecte. Au XVIIIe siècle, les membres de l’Académie de Saint-Luc y firent leurs expositions jusqu’en 1777. C’est ce qui faisoit appeler par Diderot « Jabach » ces tableaux d’ordre inférieur. Un fameux magasin de tabatières s’établit aussitôt après à l’hôtel Jabach.