Editorial note — CINQUIÈME PARTIE.
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NOTA. — Au moment de mettre sous presse, le commandant Moll, avec lequel nous avons eu l’occasion de nous entretenir de la question du Karité, a bien voulu nous envoyer les renseignements suivants, qu’il a recueillis au cours de sa mission de délimitation franco-allemande du Cameroun :
Sangha. — Depuis le 5° de latitude Nord, altitude 3 à 400, on commence à rencontrer une variété de Karité, mais ne donnant pas de noix exploitable. Son aspect est le même, avec les feuilles en bouquets à l’extrémité de rameaux dénudés, mais elles sont d’un vert plus foncé, rouges vers la pointe et d’aspect plus vernissé.
Depuis le 6°, altitude 800 à 1000 mètres, on commence à rencontrer le Karité à graine. Il habite les savanes des hauts plateaux, formant des îlots d’arbres assez espacés les uns des autres. Les sujets ne sont pas très gros et mesurent de 5 à 6 mètres de hauteur et 15 à 20 c. de diamètre.
Les indigènes Bayas et M’Boums le connaissent, mais s’en servent peu, comme substance grasse, ils préfèrent l’huile de sésame et le beurre animal. Ils mangent cependant les amandes de la noix.
Lakas. — En continuant vers le nord, dans la grande plaine Laka à 3 ou 400 mètres d’altitude, on trouve beaucoup de beaux Karités, alternant avec les mimosas pour former la forêt claire qui couvre la région. Les indigènes Lakas l’utilisent peu.
Moundans. — Sur le 10° de latitude nord, chez les Moudans, les Karités sont superbes et en assez grande quantité. Les indigènes se servent de sa graisse. Ils utilisent les noix pour polir les murs de leurs cases et leur donner un vernis imperméable à l’eau. Les grandes jarres à eau sont aussi vernies à l’aide de noix de Karité. On utilise peu la graisse comme nourriture, on préfère le beurre animal, l’huile d’arachide ou de sésame.
Haute-Bénoué. — Tout le pays de la Haute-Bénoué est couvert de forêts de Karités, mais on n’utilise pas ce produit, ou la consommation chez les Haoussas, si elle existe, est d’une importance bien faible. C’est qu’en effet on ne voit sur aucun marché de graine de Karité et par contre on y vend du beurre et de l’huile en quantités considérables.
Actuellement il n’y aurait rien à faire comme commerce ni comme exportation du Karité. On ne peut donner aucun prix, car il n’y a pas de marché.
Peut-être pourrait-on pousser les Moundans et les Haoussas à exploiter ce produit. Le transport par eau sur la Bénoué permettrait sans doute de l’amener à la côte dans de bonnes conditions.