AVIS Aux directeurs de spectacles des départements.
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L'auteur, soussigné, se réserve les droits qu'un décret de la convention nationale lui maintient, sur les représentions de sa pièce, par les différents théâtres de la république.
![[Signé: Sylvain Maréchal]](/illustrations/9bfb8fc57e791972.png)
Nota. Les passages de la pièce, marqués de guillemets, ne se récitent pas au Théâtre.
L'idée de cette pièce est prise dans l'Apologue suivant, faisant partie des Leçons du fils ainé d'un roi, ouvrage philosophique du même auteur, publié au commencement de 1789, et mis à l'index par la Police.
En ce temps-là: revenu de la cour, bien fatigué, un visionnaire se livra au sommeil, et rêva que tous les peuples de la terre, le jour des Saturnales, se donnèrent le mot pour se saisir de la personne de leurs rois, chacun de son côté. Ils convinrent en même temps d'un rendez-vous général, pour rassembler cette poignée d'individus couronnés, et les reléguer dans une petite île inhabitée, mais habitable; le sol le l'île n'attendait que des bras et une légère culture. On établit un cordon de petites chaloupes armées pour inspecter l'île, et empêcher ces nouveaux colons d'en sortir. L'embarras des nouveaux débarqués ne fut pas mince. Ils commencèrent par se dépouiller de tous leurs ornements royaux qui les embarrassaient; et il fallut que chacun, pour vivre, mît la main à la pâte. Plus de valets, plus de courtisans, plus de soldats. Il leur fallut tout faire par eux-même. Cette cinquantaine de personnages ne vécut pas long-temps en paix; et le genre humain, spectateur tranquille, eut la satisfaction de se voir délivré de ses tyrans par leurs propres mains,—30 et 31 pag.