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La vie en France au moyen âge d'après quelques moralistes du temps

Note 447 — CARITÉ, MISERERE

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Encore un trait de ressemblance entre le Reclus et l’auteur du Poème moral. Celui-ci n’admet pas non plus que les jongleurs aient droit à la vie. Ne leur donnez rien, conseille-t-il: mieux vaut donner aux pauvres. Mais c’est ce que l’on ne fait pas. On ouvre volontiers la porte, qu’on ferme aux pauvres, à celui qui sait «drecier les jambes contremont» ou «faire le perier* sor la halte table», qui fait rire, qui «sait bien rechinier**».

{*} faire le poirier, l’arbre fourchu, la tête en bas.

{**} grimacer.

L’auteur du Poème moral poussait, semble-t-il, la haine des jongleurs plus loin qu’aucun autre moraliste de son temps; il ne se lasse pas de les anathématiser:

Ceax qui savent jambes encontremont jeter, DXVII Qui sevent tote nuit rotruenges canteir, Ki la mainie funt et sallir et dancier. Doit hom a iteil gent lo bien Deu aloweir***

{***} allouer.

Tout ce qu’ils disent, tout ce qu’ils font tourne à péché.

D’un mot ke je dirai ne vos correciez mie: DXX Il resemblent la truie qui de boe est cargie; S’ele vient entre gent, de son greit u cacie,**** Tuit ont del tai lor part a cui ele est froïe*****.

{****} de son gré on chassé.

{*****} leur part de la fange dont elle est souillée.

Ceux qui s’amusent de ces gens-là ne sont pas, eux-mêmes, sans faute; ils répondront devant Dieu des cadeaux qu’ils leur auront faits.

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