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La vie d'Ernest Psichari

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Et ces réflexions, par une pente naturelle, le ramenaient à lui-même, à l'atroce destinée de celui qui appartenait à ce clergé admirable, et qui eût dû être le bon prêtre d'une paroisse française. Il se sentait à nouveau travaillé du désir de réparation qui grandissait en son coeur, et j'imagine que c'était là le sujet de ses entretiens à Cherbourg, avec un fidèle ami, cet abbé Bailleul 35 qu'il interrogeait sur son propre avenir. Aussi était-il disposé à écouter avec bienveillance celui qui voyant en lui des marques de vocation certaine, lui parla un jour du sacerdoce. Est-ce à dire que son âme cessait d'entendre l'appel de saint Dominique? Non point; mais la longueur des études théologiques l'effrayait, et surtout la peine que sa décision causerait à sa mère et l'obligation où il serait de vivre loin d'elle, car il l'aimait et l'admirait entre toutes. Enfin, il était pressé de dire la messe—toujours le même désir sublime de reprendre la place abandonnée. Et voici qu'on lui disait: «Votre devoir est avant tout le sacerdoce. Dieu vous veut, provisoirement du moins, parmi les prêtres séculiers.» Dans sa ferveur filiale, Ernest Psichari reçut ce conseil avec un débordement de joie: Oui, être un simple curé de campagne, comme son grand-père l'eût été, vivre dans quelque presbytère très simple de basse Bretagne, retourner fidèlement, minutieusement, sur les voies abandonnées et, d'abord, mettre les pas dans les pas, retrouver la vocation exacte, aller au séminaire...

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