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La vie d'Ernest Psichari

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Nul ne fut plus que Psichari un homme de prière; nul n'en eut davantage le don. Ses travaux d'écrivain, son métier de soldat, tout lui était prétexte d'élévation vers Dieu. Il faut l'avoir vu prier, avoir suivi avec lui le mouvement de la liturgie pour savoir quels étaient l'amour et la force de ses oraisons. Chaque jour, il disait l'office de la Vierge jusqu'au dernier capitule; pas une rubrique qu'il n'ait longuement méditée: il avait même composé pour le Rosaire une suite de proses. Ces élévations, il les commençait dans les larmes, tant la douleur le poignait de ses fautes passées, tant il sentait en lui-même de ruines et de ténèbres, de révoltes et de luttes. Et de chacune d'elles montait cette pensée: «Que puis-je faire pour l'Église qui m'a accueilli au plus fort de ma détresse? Jésus, Marie, je vous supplie de m'éclairer, de me donner la force d'être sans partage au pied de la Croix, uniquement attentif à vos ordres 25.» Et l'oraison s'achevait dans la joie, sous le désir enflammé qu'y répandait l'espérance éternelle. Ainsi, la prière semblait à Psichari le devoir premier, bien plus, «la position normale de la créature qui veut se tenir à sa place sous son Créateur». Être à sa place, se tenir à sa place, voilà le grand souci de ce soldat chrétien.

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