Note (retour) — Front matter
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Son âme déjà avait gagné de la confiance, de l'abandon. Plus tard, évoquant ce passé, il dira 16: «Alors je ne croyais à rien, je vivais comme un païen et pourtant je sentais l'irrésistible invasion de la Grâce. Je n'avais pas la foi, mais je savais que je l'aurais.» Car Ernest Psichari avait, dès lors, entrevu la loi de son progrès intérieur et les exigences de Dieu lui étaient claires. De toutes ses forces, il aspirait à la perfection. A cette heure, il le savait: il y a une hiérarchie entre les âmes. «Et d'abord il y a des pensées viles pour les coeurs mauvais. Et puis il y a des pensées belles mais faciles, il y a de pauvres, de misérables satisfactions spirituelles pour ces coeurs qui ignorent profondément le mal, mais ne se nourrissent que de vertus ordinaires.» Et ce soldat, consumé dans le tourment de Dieu, levant les yeux vers le ciel, s'écriait du fond de ses ténèbres: «Quels sont ceux-ci qui s'avancent portant leurs coeurs au-devant d'eux comme des flambeaux? Ce sont les héroïques, les affamés de la vertu, les assoiffés de la justice! Certes ils se sont gardés des chutes grossières. Mais ils jugent que c'est peu. Ils veulent cette pureté essentielle qui est l'entrée dans l'intelligence supérieure. Car tout est lié dans le système intérieur de l'homme et la lumière profonde de ce qui est vrai manquera toujours à qui ne se sera point fait un coeur de cristal.»