Note 1 — LES ARABES
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Le domaine de la langue arabe s’étend surtout à l’est du lac Tchad ; mais elle est également employée au Bornou, et ce que rapporte Elisée Reclus, d’après Rohlfs, ne correspond plus à la réalité. « En comparaison du kanouri, dit-il, l’arabe est une langue morte, respectée, mais hors d’usage. De même que le peuple qui le parle, il a perdu de son influence dans la partie du monde soudanien dont le lac Tzâdé occupe la dépression centrale. A la cour de Kouka, l’arabe n’est plus le langage officiel et même ceux qui le savent affectent de se le faire traduire par un interprète. » (Tome XII, p. 706.) Il est certain que, depuis lors, l’arrivée, dans le pays, de Rabaḥ et de ses Arabes Dialiin et Taaïché a beaucoup contribué à élargir le champ de la langue arabe, laquelle continuera vraisemblablement à gagner du terrain. D’une façon générale, d’ailleurs, l’arabe est très répandu en Afrique, surtout dans la partie septentrionale. Pour donner une idée de l’extension de cet idiome, nous ne saurions mieux faire que de citer les lignes suivantes de Robert Cust. Alors que les autres langues sont souvent localisées, « l’arabe étend son influence bien au-delà des limites des populations stables des divers royaumes. C’est le véhicule de la pensée à travers la plus grande partie de l’Afrique, qu’il soit parlé par les Bédouins nomades qui surprennent les voyageurs par leur apparition inattendue, ou par les conquérants envahisseurs comme le sultan de Zanzibar, par des trafiquants entreprenants comme les marchands d’esclaves qui sont généralement des Arabes avilis, ou bien par les races dominatrices du centre de l’Afrique ; enfin c’est l’instrument de la propagation du mahométisme et de toute civilisation quelconque en dehors de celle qui résulte du contact des Européens ». Robert Cust, Les langues d’Afrique, p. 44.