Note 182 — LE OUADAÏ
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Un exemple, entre mille, suffira à donner une idée de la veulerie de Yousouf. Au temps du sultan ʿAli, l’aguid er Râchid était Assad el Kebir, l’un des dignitaires les plus riches et les plus puissants du pays. Quand Yousouf, à la mort de son frère, fut proclamé souverain du Ouadaï, il donna la charge d’aguid er Râchid à l’un de ses esclaves, Amin Goudjia, qui reçut l’ordre d’aller prendre possession de son commandement. Mais Assad el Kebir ne laissa point le nouveau promu pénétrer dans sa demeure. Amin Goudjia reçut avis que s’il cherchait à franchir la porte ou à donner des ordres, à agir, en un mot, comme s’il était réellement aguid er Râchid, Assad lui ferait couper la tête immédiatement. Il se le tint pour dit et n’insista point. Yousouf n’insista pas davantage et laissa les choses en l’état. Amin Goudjia ne reçut le kademoul d’aguid er Râchid qu’à la mort d’Assad el Kebir : le sultan Ibrahim le lui enleva pour le donner à un captif gourân, Guelma.