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La région du Tchad et du Ouadaï; études ethnographiques, dialecte Toubou, Tome 2 (de 2)

Note 262 — LE OUADAÏ (continued 4)

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Nous signalerons d’ailleurs, à ce sujet, les nouvelles instructions données par M. Ponty, Gouverneur Général de l’Afrique occidentale française (1909). A la suite d’événements récents survenus en différents points de la colonie, et particulièrement chez les Pouls du Fouta-Djallon, M. Ponty a modifié profondément les principes sur lesquels reposait la politique indigène. Voici ce qu’il dit à propos des musulmans.

« Plus souples, plus familiers avec notre façon de concevoir le principe d’autorité, plus disciplinés, il faut le dire, les musulmans arrivent vite à acquérir l’hégémonie politique dans une contrée où les fétichistes sont souvent en majorité. Il advient alors que, sans en tirer nous-mêmes aucun bénéfice pour l’extension de notre influence, nous favorisons, sans y prendre garde, l’extension du cléricalisme musulman ; or, l’action de l’islam, si elle est conduite par des chefs ambitieux ou fanatiques, revêt vite le caractère d’une protestation plus ou moins dissimulée contre le innovations européennes. »

M. Ponty a également signé, à la date du 8 mai 1911, une importante circulaire prescrivant de substituer l’usage du français à « l’emploi pour ainsi dire systématique de la langue arabe dans la rédaction des jugements prononcés par les juridictions indigènes, dans la correspondance officielle avec les chefs et les notables et dans presque toutes les circonstances de la vie administrative des cercles. » Le Gouverneur général fait très justement remarquer que la langue arabe est le véhicule de l’islâm et que nous n’avons pas à encourager la propagande musulmane. Voici, du reste, les intéressantes déclarations qu’il fait à ce sujet.

« L’occupation du pays définitivement faite, il est certain que les conflits entre les indigènes et nous n’ont le plus souvent pour origine que des malentendus ; or, il ne vous échappera pas qu’en donnant un caractère officiel à l’emploi de la langue arabe, langue étrangère au pays, nous créons des occasions d’où peuvent naître ces malentendus, nous tendons même à fausser les idées des indigènes sur les principes de notre politique à l’égard des groupements qui ne se réclament pas de l’islamisme.

« L’arabe ne pénètre dans les pays africains qu’avec le prosélytisme musulman. C’est, pour le Noir, la langue sacrée. Obliger, même indirectement, nos ressortissants à l’apprendre, pour obtenir avec nous des relations officielles, revient donc à encourager la propagande des sectateurs du Coran. Je n’ai pas à rechercher ici si cette propagande s’exerce toujours dans un sens conforme à nos intentions. En tout cas, nous n’avons pas à paraître prendre parti dans des questions religieuses qui ne doivent nous intéresser qu’autant qu’elles sont appelées à revêtir un caractère politique. »

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